François Le Lionnais, Georges Mathieu,  Robert Mauzi,
Abraham Moles, André Parinaud

« Comment peut-on imaginer l’existence des hommes
 (et des femmes) dans un loisir total »

« Que feront les hommes quand ils ne feront rien ? »

(Paru dans Arts, n° 784, 1-6 septembre 1960)

 

André Parinaud : Dans un de ses derniers essais, Denis de Rougemont laissait entendre qu’avant un  siècle l’Humanité serait en partie dégagée de la hantise du travail et même de son concept. Il imaginait même qu’à cette époque on ne serait astreint qu’à une seule heure d’activité productive par jour. Il est évident en effet que lorsque le problème des peuples sous-développés sera résolu, lorsque l’industrialisation, l’utilisation de l’énergie atomique, et peut-être de la synthèse chlorophyllienne seront appliquées à l’échelle de la planète, un bouleversement considérable se produira. Nous entrerons dans l’ère des loisirs. Jusqu’à présent, depuis les origines de l’histoire, seuls de petits groupes de privilégiés ont réellement connu le loisir, cependant que tout le reste des peuples était asservi par le travail. C’est à ces lendemains assez fabuleux que je souhaiterais que nous accordions quelque attention. J’ai voulu enregistrer une variété d’opinions et de réflexion et c’est pourquoi j’ai fait appel au peintre Georges Mathieu qui incarne si l’on veut la fièvre et l’intensité de la vie moderne, dans son œuvre comme dans sa façon d’être, au mathématicien François Le Lyonnais, docteur ès sciences, docteur de lettres, champion d’échecs par ailleurs, et que ses pairs considèrent comme un esprit encyclopédique, à Abraham Moles, cybernéticien, conseil scientifique de la Radiodiffusion française, spécialiste opérationnel, et enfin à M. Mauzi, maître de conférences à la faculté des lettres de Lyon et qui vient d’achever une thèse sur l’idée du bonheur jusqu’au XVIIIe siècle.
En cette période estivale, notre débat me paraît une intéressante conversation de plage.

François Le Lyonnais : J’estime que nous n’atteindrons jamais un loisir total. Naturellement nous en viendrons à fabriquer des machines qui fabriqueront elles-mêmes tout ce dont nous avons besoin pour vivre, et même des machines qui contrôleront les machines, mais il demeurera toujours une notion de contrôle et un souci de responsabilité, un minimum de préoccupation de travail qui feront que L’Humanité ne sera jamais entièrement dégagée de ce concept.

Abraham Moles : Il y aura toujours un résidu d’activité. Nous parviendrons certainement, bien avant un siècle, à une sorte de loisirs du corps mais non au loisir de l’esprit.

Georges Mathieu : L’encyclopédie de 1765 prétend que le loisir est le temps du vide. Je ne crois pas qu’il y aura jamais un temps vide complet dans l’histoire de l’humanité.

Robert Mauzi : J’imagine mal comment on pourra allier le plus grand progrès technique qui nécessite une spécialisation, une forme particulière de l’intelligence avec le vieux mythe des bergers d’ Arcadie, le mythe de l’âge d’or. À mon avis, ces deux notions sont difficilement conciliables, mais j’admets que le temps de la durée du travail réduit peut-être à une heure quotidienne est plus que vraisemblable.

A.P. : Donc nous acceptons l’hypothèse. Examinons maintenant l’idée de loisir. Je pose le problème suivant : que se passera-t-il dans le comportement, dans l’esprit humain, le jour où jusque dans son subconscient l’homme sera persuadé de sa sécurité totale, et n’aura plus à se soucier du problème de la faim, du problème de la crainte, du problème matériel de l’avenir.
Que fera-t-il quand il ne fera rien ?

F.L.L. : Il est vraisemblable que le progrès technique fera naître d’autres besoins. L’invention de la télévision est un exemple. Celle de l’automobile aussi. L’histoire de l’humanité montre que nous avons sans cesse marché vers plus d’inventions qui diminuent les heures de travail, mais qu’aucune d’elles n’a résolu le problème du bonheur individuel. Les gens ne n’auront plus faim, mais ils continueront à être malheureux. Le progrès aura allégé, peut-être supprimer leurs soucis matériels, mais vraisemblablement ils auront d’autres raisons d’inquiétudes.

A.M. : Je diviserais les gens entre les créateurs, les administrateurs, et les administrés, ou plus simplement encore entre les actifs et les passifs. Cette classification valable hier, valable aujourd’hui le sera certainement encore demain.

R.M. : Le loisir à l’état pur est une fiction absolue. Le repos n’est jamais envisagé seul. Il y a toujours une sorte de dialectique qui fait passer du repos à son contraire. Dans le mythe de l’Age d’Or, on trouve cette idée que le loisir uniforme est désespérément ennuyeux et qu’il a besoin d’être rehaussé, mis en relief, coupé par un mouvement, une passion,. Jusqu’alors dans la plupart des groupes qui ont vécu le loisir quasi-total, c’est l’amour qui a joué ce rôle essentiellement. L’amour a été la forme accidentée du loisir.
 
A.P. : Il est évident que je ne vous demande pas de définir la notion de loisir telle que nous la connaissons aujourd’hui : la distraction et le repos, la halte entre deux travaux, car le paradoxe veut qu’actuellement nous ne puissions définir le loisir que par rapport au travail.

G.M. : Vous nous demandez en quelque sorte de définir quel sera le nouveau moteur de l’histoire.

R.M. : Est-ce si utopique ? La doctrine marxiste tend ou prétend tendre à faire naître cet état nouveau : réduire la durée de travail, ne plus donner à chacun selon son travail, mais selon ses besoins. Bien entendu personne n’a encore pu dire quels étaient les besoins de l’homme à ce niveau, et ce qui remplacera la lutte des classes non seulement sur le plan de l’évolution historique, mais sur celui du dynamisme individuel. Oui que ferons les hommes quand ils ne feront rien ?

F.L.L. : Le loisir, c’est la liberté, et j’imaginerais le loisir total comme l’époque de la liberté créatrice totale.

R.M. : Il ne faut pas en effet que nous réfléchissions aux loisirs comme si nous voulions isoler une tendance de l’âme humaine, l’aspiration au repos, pour en faire une tendance absolue. Je crois même que le loisir total doit être le contraire du repos.

G.M. : Disons que nous considérons le loisir total comme le moment où l’homme pourra librement disposer de son temps, c’est-à-dire où il ressentira l’obligation de créer. Il y aura toujours les voyages, les sports, les jeux, l’érotisme, la culture. Toutefois, la question des loisirs ou de leur organisation ne peut être abordée que dans une civilisation donnée, c’est-à-dire, en toute connaissance de son évolution culturelle ou tout au moins de celle de son élite. Mais qui peut dire aujourd’hui quel sera l’état de notre culture à ce moment-là ? Nous sommes d’autant moins préparé à réfléchir à ce problème que nous vivons dans une époque de contre-culture dans tous les domaines.

A.P. : Il ne s’agit évidemment pas de définir un programme de vie pour l’homme du loisir total. Mais je souhaiterais que nous fassions un effort pour imaginer ce que pourrait être la mentalité de cet homme à une époque de sécurité matérielle absolue ayant derrière lui un siècle de confort complet et devant lui des millénaires sans prévisions d’aucun trouble. J’imagine personnellement que les concepts de faim, d’envie, de haine auront disparu. Quelles seront les sollicitations nouvelles qui tenteront l’âme humaine ?
Comment concevez-vous l’oisiveté de l’humanité ?

G.M. : Balzac disait : « lLa vie oisive est la seule qui convienne à celui qui a l’âme occupée ». Le problème revient donc à savoir ce qui pourra alors occuper les cœurs et les esprits. Ce que sera la morale des hommes de ce temps. Si le monde continue d’évoluer dans le sens où il va, au moment où la moralité se dissocie de plus en plus de la morale, Il est angoissant de penser que la seule morale de demain puisse être celle élaborée par les grands Etats. Et si cette morale des Etats conduit aux dictatures, à quoi aura-t-il servi d’avoir chassé Dieu pour le remplacer par la société. Le sérieux a déjà envahi la culture, il peut demain envahir le loisir. Il est à craindre que la télévision, la radio, la presse et les nouveaux moyens intermédiaires de diffusion à venir, régis par des technocrates, la porte aux masses que des spectacles solennels d’une Liturgie rigoureuse d’où tout esprit de participation, de choix et de liberté soient exclus.

R.M. : L’otium des Latins, tel qu’on le trouve par exemple exprimé dans Cicéron nous permet peut-être de réfléchir à ce problème. Il s’agit d’un loisir essentiellement fondé sur la culture de l’esprit. La notion me paraît claire sur le plan de la vie individuelle, mais j’avoue éprouver beaucoup de difficulté à la transposer dans la vie sociale. Il y a une sorte d’impossibilité à penser loisir à l’échelle de l’humanité.

G.M. : C’est effectivement la situation la plus dramatique, la plus hallucinante, la plus vertigineuse, la plus angoissante pour l’humanité de demain. C’est le problème des fois dernière qui se pose. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’humanité d’aujourd’hui n’y est pas préparée. L’obsession de l’action pour l’action qui règne au sein de notre époque technicienne n’est qu’une échappatoire provisoire. Son vertige n’est qu’un masque. L’angoisse métaphysique est là. Et je ne conçois pas ce   loisirs or de l’esprit religieux et même mystique, c’est-à-dire sans un stimulant agissant sur la même.

A.M. : Nous sommes actuellement prisonniers, conditionnés par des idées qui nous font concevoir le loisir comme un rêve de désirs. La liberté que nous imaginons pour nos successeurs est surtout celle de faire ce qui nous est refusé aujourd’hui. Ce n’est pas très sérieux. Mais si nous supprimons ce désir, nous ne pouvons imaginer que l’anarchie, l’incohérence, le vide, et c’est pourquoi par une sorte de dialectique naturelle Georges Mathieu pense religion. Nous sommes prisonniers d’un système.

F.L.L. : Le loisir total ne peut être pensé en fonction des hobbies.
Bien entendu, les hommes auront toujours des succédanés, des trucs pour résoudre les problèmes de leur angoisse personnelle ou satisfaire des dons. Mais je crois qu’il est possible de concevoir par une sorte de jeux statistiques, en laissant le hasard des activités de deux milliards d’hommes se développer, un système de valeurs sociales qui maintiendrait la solidarité de l’humanité. La somme des activités créatrices, culturelles ou de jeu pourrait être bénéfique à l’ensemble des hommes, avec une discipline appropriée.

A.P. : Essayons de définir justement cette discipline, cet impératif. Par exemple, croyez-vous que dans un système de loisir total, l’organisation de la famille et de son concept puisse survivre.

F.F.L. : L’effondrement des structures économiques entraînera nécessairement la disparition de l’idée de famille liée à la sécurité telle que nous la concevons. Mais les liens affectifs entre les êtres pourront demeurer. Chacun se quittant quand il le voudra, et il est évident que les couples vivront dans un climat affectif beaucoup plus solide qu’aujourd’hui puisque rien ne les obligera à demeurer ensemble si ce n’est le sentiment et l’idée qu’ils ont d’eux-mêmes. La volonté qu’ils auront en commun de vivre et de former des enfants.

R.M. : Il y a dans votre jugement un mélange d’élément naturiste et d’élément hypersocial qui m’inspire un doute. Je ne vois pas comment la structure actuelle de la famille pourra se maintenir si l’on n’imagine pas en contrepartie une extraordinaire évolution de l’intelligence et de la morale individuelle. C’est faire la part un peu belle à l’évolution.

F.L.L. :  Il demeurera toujours que l’amour maternel et conjugal sont d’origine chimique liés à des glandes. Mais il est évident que l’évolution technique de l’humanité qui ne serait pas liée à un progrès intellectuel et moral est impensable.

G.M. :  Je reviens à mon affirmation : le loisir amènera nécessairement une recrudescence de l’esprit religieux, sinon rien n’est possible. À partir du moment où il n’y aura plus d’action, l’homme va repenser ses problèmes fondamentaux. Il ne peut pas s’orienter vers l’animalité primitive. Il y aura une religion. Laquelle ? C’est une autre question.

A.M. : Envisageons également l’hypothèse où l’homme modifie l’homme. J’ai tendance à croire que dans cet avenir que nous cherchons à concevoir, on tiendra compte des modifications biologiques possibles, que certains types d’hommes tendront à disparaître ou à évoluer, et que l’homme de demain biologiquement, caractériologiquement, humainement, ne ressemblera pas à celui d’aujourd’hui. L’homme du loisir total n’est concevable qu’après une mutation. Ne tremblons pas devant cette perspective : elle est évidente. Il est certain qu’aucune morale, aucune religion, ne pourra maintenir et stimuler l’humanité « en action » et gratuitement si nous considérons que cette humanité est composée d’hommes à l’image actuelle.

G.M. : Moi, je crois plutôt au progrès moral de l’homme. Je vote pour le libre arbitre. Je crois que les hommes trouveront en eux-mêmes assez de ressources sans qu’il soit nécessaire de les livrer aux biologistes, si toutefois nous échappons à la technocratie. Hélas ! Nous n’en prenons pas le chemin.

R.M. : Si l’on suit la pensée de l’utopie, on en vient nécessairement à imaginer une société de type autoritaire, c’est-à-dire ayant des responsables de l’évolution, imposant une instruction, veillant à la qualité intellectuelle à son plus haut niveau.
         
A.P. : Il y a bien des façons d’imaginer cette discipline. La pire étant celle qu’a décrite Aldoux Huxley dans son Meilleur des Mondes, où, par exemple, pour conditionner les futurs mineurs de fond, on fait entrer de jeunes enfants de quelques mois dans une pièce garnie de roses et baignée de soleil et dès que les bébés naturellement attirés par la lumière et les couleurs s’approchent des fleurs ils reçoivent un choc électrique épouvantable. A la vingtième fois ils détestent les roses et le soleil et seront tout heureux de devenir mineurs.

F.L.L. : L’avenir verra le contraire de la prédilection de Huxley. Des hommes libres et parfaitement formés pour l’exercice de la liberté. Imaginez par exemple qu’on enseigne dès le plus jeune âge aux êtres humains à réfléchir avant d’agir et que ce réflexe soit aussi conditionné que celui de battre les paupières devant un rayon de soleil, à partir de ce moment-là tout devient possible. Qu’il y ait conditionnement à ce niveau, rien n’est plus facile. Et quel extraordinaire pouvoir de liberté et de force acquerra-t-on de ce simple fait !

A.P. : Admettons donc que l’humanité ait choisi la voie de l’intelligence et que le développement intellectuel rende les hommes dignes de leur liberté. Que font-ils de leurs loisirs à l’échelle de la planète ?

G.M. : Ils joueront bien sûr. Mais à quel jeu ? Actuellement nous assistons dans tout l’Occident à une diminution de la participation dans tout ce qui est jeux et dans ce qui est fêtes. Nous avons des joueurs professionnelles et des spectateurs. On se divertit, on ne joue plus. Si les jeux collectifs de demain ne sont que divertissements, l’humanité ira vers une crétinisation. Ce sera la marche vers l’animalité. D’ailleurs la route est tracée : depuis le Moyen Âge, la civilisation est passée successivement de la recherche de la Grandeur à celle de la Beauté, de la quête du  Bonheur à celle du Bien-être.

F.L.L. : Pourquoi la notion de jeu n’évoluerait -elle pas ? J’envisage quant à moi un grand jeu qui consisterait à vaincre le hasard constamment. Par exemple, j’imagine qu’il y aura des clubs d’âmes sœurs. Avec des machines électroniques, on  arrivera à faire se rencontrer des gens faits pour se connaître, s’aimer, se comprendre. Là détection des amis virtuels me paraît un jeu extraordinaire. On pourra avoir aussi des organisateurs d’aventures sans même savoir qu’elles sont organisées, en restant libres. Je crois que tout le monde voyagera et que les machines électroniques résoudront le problème  des réservations. Dans l’humanité de demain, tous les ministères seront remplacés par un gigantesque service de prévisions, de réservations qui imaginera dans le champ du possible humain toutes les combinaisons d’activités. C’est là le problème fondamental de l’organisation sociale de l’avenir.

G.M. : Nous voudrions parler un peu du rapport du loisir avec le plaisir. Dans votre univers de prévisions et de réservations, qui supprime le hasard et le choix, où est  le plaisir ?

F.L.L. : Mais j’imagine non pas une organisation qui impose, mais une organisation qui épanouit parce qu’elle prévoit et, par conséquent crée des plaisirs !

A.P. : Dans votre système, que devient l’idée de défi, de lutte, de victoire, le sentiment de puissance qui est un des moteurs de l’homme ?

A.M. : La lutte contre la nature, la conquête des étoiles, resteront toujours un grand jeu et follement amusant.

G.M. : Les critères du jeu sont la compétition, le hasard, le simulacre et le vertige. Que restera-t-il du jeu dans cette société où il suffira à un homme ou à une femme d’appuyer sur un bouton pour se rencontrer, ou l’homme n’aura plus à séduire et la femme à se dépasser pour plaire, ou le voyageur, l’aventurier sauront d’avance que tout est prévu.

A.P. : Le problème peut donc se poser ainsi. Où les hommes sont totalement libres et l’humanité peut tout craindre y compris le retour à l’animalité, ou la société est parfaitement organisée et rien n’est laissé au hasard  dans l’exercice de la liberté du fait du très grand nombre d’êtres humains et des moyens extraordinaires de puissance mis à leur disposition. Mais alors ils ne sont plus libres. Et comment admettre qu’un être évolué acceptera cette obligation de se soumettre à un code que rien ne l’oblige à accepter.

F.L.L. : L’idée que les hommes auront de leurs devoirs envers l’humanité me paraît une raison suffisante. D’autre part, le loisir total n’empêchera jamais la maladie, ne signifie pas le bonheur, ne supprimera pas la jalousie, la solitude, l’inquiétude  métaphysique ni la marche de l’Histoire

R. M. : L’homme continuera donc à être mobilisé.

F.L.L. : Et malheureux.

A.M. : Et imparfait.

F.L.L. : Le loisir total ne supprime pas les conflits et voue l’humanité à ses instincts les plus démoniaques comme les plus merveilleux.

A.P. : Le loisir total supprimera-t-il la tyrannie de l’homme ? Pour le bien de l’homme, peut-être.

F.L.L. : Disons qu’il ne supprimera pas l’autorité de l’homme sur l’homme, au contraire ! Nous  verrons apparaître  la race des hommes créateurs, qui chercheront à accroître sans cesse toutes leurs possibilités.

A.P. : En conclusion, Messieurs, cette discussion sur l’idée du loisir total permet-elle de dégager une vision optimiste de l’avenir ?

F.L.L. : Mon ami Jacques Bergier me racontait, a son retour de déportation, que, dans le train qui quittait la France pour le conduire au camp de Mauthausen, il se trouvait enfermé avec un camarade dans un wagon à bestiaux et Bergier demandait à cet homme : « Qu’allons-nous faire là-bas ? » - Eh bien ! Lui répondit celui-ci, « Je vais organiser les loisirs ».

A.P. : Je trouve que cette conclusion résume bien les impressions de tous.

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