J’aurai passé ma vie à poser des questions et à chercher des réponses, une vie à être intrigué par les énigmes et troublé par les vrais mystères, une vie pour rassembler les connaissances qui constituent la modernité d’une époque–une double vie en quelque sorte ; le faite du labeur et des gestes attendus par tous, dans la fausse clarté des jours, l’autre, nocturne, prise sur la nuit dans les dimensions presque idéales de l’intelligence, devenue araignée, tissant sa toile  à partir de milliers d’ouvrages, le stylet manié comme un dard, pour aspirer le suc intellectuel de l’immense cohorte des esprits libres, qui depuis l’origine poursuive la quête du sens de l’homme.
J’ai le sentiment de n’être rien  d’autre qu’un homme, parmi les hommes, et ma fierté est que l’intelligence vive qui m’habite et m’a été donnée – non sans bataille, certes, pour l’accoucher, mais comme fruit naturel des gènes issues d’Adam – a trouvé sa substance dans le tissu prodigieux d’une culture qui est à la disposition de chacun. Le génie est de trop pour comprendre. Je dirai que les arguments les plus fondamentaux, capables de nourrir les raisonnements les plus affinés sont à la disposition du commun des mortels dans les livres et dans les journaux. Oui, c’est une fierté que de vivre en une époque où se trouvent « sur le marché de la connaissance » les éléments capables de résoudre - malgré les propagandes – les contradictions les plus affinées et les crises les plus aiguës. Cette démocratie culturelle est la gloire  d’une société – sans se cacher que cette profusion de biens peut aussi engendrer Byzance. L’essentiel est dans la capacité de choix. Je crois que la méthode est d’abord de rassembler une vision cohérente, avec des doutes convenables, au cours d’une véritable enquête, les informations – valeurs d’une sagesse objective. L’essentiel est dans une conviction – qui naît naturellement de l’évidence de cette suite étonnante de générations, qui depuis le pléistocène, il y a sans doute un million cinq cent  mille ans ont trouvé et utilisé l’outil, se sont dressées sur les jambes, partant à la conquête du cerveau – l’homme existe. …"". A.P.  Kyoto 1983
Si l’on consulte les archives de l’INA on découvre que ses premiers entretiens radiophoniques ont été enregistrés en 1949 et diffusés sur la chaine nationale de février à mai 1950. En 27 entretiens Colette se confiait à André Parinaud. Il avait alors 26 ans. Bien d’autres suivront pour la presse, la télévision. Quelques mois avant son décès, achevant la préface du premier volume d’une sélection de ses entretiens (1), il écrivait « Je regrette de n’avoir pu interroger Léonard de Vinci, mais je suis persuadé que le grand élan créateur de l’artiste, capable d’influencer et de métamorphoser le mental humain et d’offrir une autre « présence au monde » commence ici ! »

Vu dans la presse de l'époque


   dessin de Bill mars 1949
« … Il se compose de grosses lunettes. Parinaud se trouve placé derrière ces verres. Cette ingénieuse disposition lui permet de tout voir en détail, de prendre de toute chose une vue exhaustive, synthétique et analytique, de viser droit et de frapper juste.
Cette vue lucide, cet art d’éclairer les questions, de les poser toutes et de les planter au bon endroit, comme la banderille, de presser le citron jusqu'au zeste et de gober l'œuf sans en laisser un quart de goutte, vous le retrouverez dans ses reportages. L’avez-vous entendu parler à Jouhandeau ? (c’était à la radio). Non ? C’est tant pis pour vous. Lisez alors sa Colette par elle-même, lisez surtout ses Entretiens avec Breton : c’est son grand homme n° 1 bis (le n° 1 est Malraux). Il épuise sans doute le problème …. »
Alexandre Vialatte
(André Parinaud – « homme-ferment »
extrait de la chronique d’Alexandre Vialatte, parue dans La Montagne du 30 juin 1953)

« Le jeune Parinaud est venu m’interviewer en culotte courte » 
 Paul Léautaud (extrait de son Journal 1953)
«  André Parinaud avait une idée brillante que personne encore n’avait jamais eue celle des entretiens au magnétophone avec les plus grands noms de la littérature et des arts »
Christian Millaud
(Dans le tourbillon littéraire des années cinquante,
Editions de Fallois, 1999)
(1) « Conversations avec des hommes remarquables sur l’art et les idées d’un siècle », Editions Michel de Maule, 2006

Période 1950/1960

Aragon Breton Buffet Céline Cendras Claudel Cocteau Colette Dali Green Legrand Malraux Ponge Reverdy Sagan
Saint Laurent Simenon Vadim  Vilmorin

1950

André Breton / André Parinaud



" L’aventure surréaliste"

En donnant pour destin à l’art et à la littérature celui de transformer le monde, André Breton fut à l’origine du plus grand mouvement artistique du XXe siècle, le surréalisme, dont il écrivit les textes majeurs.

J’ai rencontré André Breton à son retour des États-Unis et lui ai proposé de faire le point sur la situation du mouvement surréaliste. Notre rendez-vous avait été établi au nom de l’hebdomadaire Opéra en octobre 1951 à propos de la parution d’un double numéro de « L’âge du cinéma » consacré au septième art surréaliste, mais qui ne faisait aucune allusion aux autres activités de l’équipe. L’époque culturelle était «stalinienne » et il n’existait aucune revue du mouvement. Confluences, Fontaine, Les quatre entretiens seraient écrits et diffusés tels quels. À partir de cet instant vents, avaient disparu. La radio était un excellent média. André Breton en convint avec l’exigence que tous les textes de nos, nous nous sommes rencontrés toutes les semaines ou presque pour la mise au point du projet. Je répondais à un appel implicite qui correspondait à sa volonté d’action. Il avertit ses amis qui le rencontraient toutes les semaines dans un café non loin de son appartement.
Nous avons élaboré le plan et la rédaction de 16 entretiens qui constituent aujourd’hui un véritable calendrier historique. A.P.

éditions : Radio France / Ina -
Distribution : Harmonia MundiCD -
GRANDES HEURES - RADIO France
 

1950

Colette / André Parinaud

éditions : Radio France / Ina -
Distribution : Harmonia MundiCD -
GRANDES HEURES - RADIO France

---                                            
Colette succédait à André Gide.Elle recevait l’équipe de radio dans son appartement, assise dans son lit-radeau, adossée à un large oreiller, un foulard blanc le plus souvent noué autour du cou. Sa chevelure bouclée composait une auréole dans la lumière. Elle tenait ses lunettes de la main droite et, quelquefois aussi son stylo, comme pour prendre des notes.Le Fanal bleu de sa lampe de chevet, les boules de verre bien disposées, composaient un décor devenu célèbre.C'était Pauline, la servante, qui avait ouvert la porte de l'appartement de la rue de Beaujolais sur le Palais Royal. Puis Maurice Goudeket, son mari, venait nous rejoindre. Il nous quittait lorsque tout était en place, comme un metteur en scène qui vérifie les détails du décor et la position des personnages. Il tirait doucement la porte derrière lui.— Bonjour, Madame. Elle me souriait, un doigt sur le menton dans l'attente de la première question. A.P.

En 1950, je proposai à la Chaîne Nationale de la Radiodiffusion Française de réaliser une série de 35 entretiens avec Colette que j’admirais, pour évoquer sa vie et son œuvre. Notre souhait était de rapporter les confidences d’un étonnant cœur de femme de notre société en métamorphose. Colette accepta, intriguée par mon amicale curiosité qui s’était maintes fois manifestée lors de nos rencontres à l’occasion, notamment, de la remise des Prix Goncourt.Deux fois par semaine, la Chaîne Nationale diffusa les entretiens.

1951

 Jean Cocteau / André Parinaud


(Paru dans Aujourd'hui Poèmes n° 43, 2003)

                                                       
Ni échange ping pong de questions réponses, ni récit dramatique, ni pièce radiophonique, cet objet rare et singulier est pourtant un peu tout cela. Il constitue en tout cas une pierre supplémentaire à la compréhension de la pensée en constante ébullition d'un artiste dont les outils premiers étaient la mémoire (Colette avait écrit du jeune Cocteau "Il n'invente pas, il se souvient.


 entretien transcription

éditions : Radio France / Ina - Distribution : Harmonia MundiCD -
GRANDES HEURES - RADIO France


1951

  Salvador Dali / André Parinaud


                                                      photo Marc Lacroix

 Lors de notre première rencontre Dali m’évoqua sa naissance qui traduisait l’horreur de vivre : « Je suis né comme chacun dans l’horreur, la souffrance et la stupeur. Si je retire brusquement mes deux mains et ouvre grands les yeux à la lumière violente, je retrouve soudain un peu du choc qui, dans l’asphyxie, l’étouffement, l’aveuglement et les cris, le sang et la peur, a marqué l’événement de ma venue au monde. Ce frère mort, dont le fantôme m’a accueilli en guise de bienvenue, était, si l’on veut, le premier diable dalinien. Mon frère avait vécu sept ans. Je le considère comme un essai de moi-même. »Ensuite, chacun de nos déplacements fut l’occasion de nouvelles rencontres, et trente ans de rapports attentifs m’ont laissé aussi curieux qu’au premier jour. A.P.  


entretien

      
  


1951

André Malraux / André Parinaud


« L’art est l’une des défenses fondamentales de l’homme
contre le destin. Notre époque en prend conscience »

(Paru dans Arts n° 335, 1951)

Chacune de mes rencontres avec André Malraux m’a confirmé dans l’idée que l’auteur de La Condition Humaine est le héros le plus exemplaire qu’ait jamais conçu l’esprit d’André Malraux écrivain.
Je n’ai pas connu Élie Faure dont ses amis conservent encore aujourd’hui le souvenir d’une érudition hors pair et d’une conversation inégalable. Mais son nom me vient tout naturellement en mémoire lorsqu’il s’agit de chercher un esprit comparable à celui de l’auteur des Voix du Silence. Une extraordinaire faculté de synthèse ; une culture assez vaste et assez précise pour oser les comparaisons les plus inattendues ; des facultés d’analyste assez acérées pour démonter les intentions secrètes d’artistes ; des dons de persuasion, d’éloquence, de finesse qui entraînent l’adhésion la plus rétive ; le sens des paradoxes poussé à l’ironie supérieure. Et puis, il y a son sourire, ses mains vivantes, son accueil ...suite


1951

Paul Claudel / André Parinaud


« Je lis la Bible professionnellement.
Gide est un monstre satanique qui n'a fait que
des victimes par ses livres et dans sa vie »

(Paru dans Arts, 1951)

 

« L'hermétisme, en tout cas, est une technique de poète. Il ne m'appartient pas de comparer, mais peut-être que mes œuvres complètes, à côté de celles de Gide, rétablissent un certain équilibre dans l'absolu. Je plaide pour la grâce, contre le démon. »... suite
                                                                                                                                                    


1952

Blaise Cendrars/André Parinaud


 « Les foules modernes traversent la vie
dans les passages cloutés »

(Paru dans Arts n° 368-369, 17 & 23 juillet 1952)

Le personnage de Blaise Cendrars incarnait pour moi « l’aventurier de l’imaginaire » - et il pouvait s’intituler « l’homme le plus heureux du monde » - en poète rêveur d’inconnu.
Il s’était enfui de chez lui par la fenêtre du cinquième en emportant les économies maternelles. On n’échappe pas à son sang !  Il apparaît comme le militant d’une curiosité indomptable, prêt à admirer la diversité du monde. À aimer les hommes fraternellement. L’amour du prochain faisant partie de sa révolte contre les codes sociaux.
Il est l’acteur historique d’un autre comportement humain dans un monde qu’il a exploré. Son témoignage vivant nous fait rêver... suite


1955

Georges Simenon /André Parinaud


Des entretiens exemplaires

Au fil de trois séries d’entretiens enregistrés à différentes périodes de sa vie (1955, 1968, 1975) Georges Simenon nous livre avec beaucoup de simplicité les multiples facettes de son œuvre.
Il définit les mécanismes complexes de l’action humaine au centre de ses écrits et nous rappelle la création du personnage de Maigret. Il évoque également son enfance, sa famille, le dur métier d’écrivain et apparaît finalement dans la dernière série d’entretiens comme un vieux monsieur aspirant au repos et à la sérénité.

éditions : Radio France / Ina - Distribution : Harmonia MundiCD
GRANDES HEURES - RADIO France


1957

Louise de Vilmorin / André Parinaud


« Du côté de Verrières »
(9 entretiens enregistrés et diffusés pour la première fois
en 1957 sur le Programme National)

Ces entretiens ont fait l’objet de l’édition d’un Coffret de 2CD (2h30)
INA/RADIO France en 1994

« Ecoutons la voix de Louise, ce ton, cette fulgurance de la parole qui va plus vite que la pensée, cette légèreté désespérée, ce trainant un rien « popu » des inflexions dont elle joue à ravir, ces exquises familiarités dont elle parsème ses phrases… Retrouvons-là au Salon bleu de Verrières, un après-midi d’été ».     Renaud Machart – 1994
                  

En 2009 Annick Le Goff et Coralie Seyrig adaptent ces entretiens.
En 2011, Coralie Seyrig interprétera brillamment
« Madame de … Vilmorin »
au Théâtre du Petit Montparnasse puis au Lucernaire


1958

André Breton / Francis Ponge / Pierre Reverdy / André Parinaud


 «Cessons de nous exprimer en langue morte !» 

En 1958 sur le thême «Rencontres et Témoignages», je réalisais, dans le cadre d’une série de dix émissions, le colloque de trois grands poètes pour formuler «les interrogations essentielles» que se posent les artistes, les hommes de science, les intellectuels. J’avais ainsi réuni André BRETON, Francis PONGE, Pierre REVERDY pour s’entretenir des questions profondes intéressant la poésie. Un témoignage historique. A.P.

entretien


1958

    Bernard Buffet / André Parinaud

                                                        
                                                        (Paru dans Arts , n°658, 19/25 février 1958)

                                                     "Je ne suis pas prisonnier de ma chance
"  
Les J3 d’hier, ont aujourd’hui entre 25 et 30 ans et cette année leur génération prend la vedette : Bernard Buffet, Roger Vadim, Françoise Sagan, Michel Legrand, Yves-Mathieu Saint-Laurent…
Et d’abord Bernard Buffet « l’artiste dont on parle le plus en France après Picasso ». André Parinaud évoque et analyse les évènements de son existence et a demandé au jeune peintre de répondre à des questions précises dont les réponses permettent de le situer assez exactement dans le mouvement artistique  actuel.  entretien

                                         "La qualité d’une œuvre, c’est d’abord d’être reconnue."
On a voulu nous faire croire que le concept de la relativité s’était installé aussi en peinture, que rien n’était plus vrai, que le public n’avait pas à comprendre, qu’il devait admettre une œuvre comme une équation. C’est faux. La qualité d’une œuvre, c’est d’abord d’être reconnue. Le vrai courage pour un peintre, ce n’est pas de surprendre, mais de communiquer... suite



1958

Françoise Sagan / André Parinaud


« Mon succès est fatigant, excessif et souvent ridicule …
mais je me sens très bien dans ma peau »

(Paru dans Arts, numéro 660, du 5 au 11 mars 1958)

 

Écrire est un travail où on retrouve quelque chose, la recherche d’une coïncidence,
entre ce qu’on écrit et une vérité qu’on sent au départ.
Le fait de trouver ce rapport tout à coup est plus excitant que bien d’autre chose… suite


1958

 Yves Saint Laurent/André Parinaud



(Paru dans Arts - avril 1958)

Yves Mathieu Saint Laurent succède à Christian Dior à vingt deux ans ! Il anime la plus célèbre maison de couture parisienne et pénètre dans la légende à l’âge où un homme commence à peine sa vie. Mais le plus jeune des 3 Jeunes conquérants est aussi le plus mystérieux – disons le plus secret. Il a presque réussi à faire une arme d’une vertu un peu méprisée de nos jours : la simplicité. On est d’abord conquis par sa volonté rigoureuse de ne rien ajouter dans ses propos qui pourrait trahir la vérité, mais il faut ajouter qu’avec ce jeune homme, si doux d’apparence, si calme, presque effacé qui répond aux questions avec infiniment de naturel, l’interview devient vite une sorte de duel, dès qu’on comprend que le grand souci d’Yves-Mathieu Saint Laurent est de préserver coûte que coûte une sorte de jardin secret, un domaine où nul ne doit avoir accès.
Entretien

Transcription de l’interview télévisuelle –1959

1958

Roger Vadim / André Parinaud


« Je vous demande pardon d’être vaniteux »
(Paru dans Arts, numéro 659, du 26 février au 4 mars 1958)


Vadim est en lumière, dans ses réflexions, ce qui est peut-être le signe essentiel de la génération des J3  (Bernard Buffet, Françoise Sagan, Roger Vadim). Après Bernard Buffet, voici Vadim. Notre enquête sur « les J3 conquérants » passe en revue les chefs de fils de la jeune génération. Nous assistons en effet à la promotion des jeunes dont l'enfance a été marquée par la guerre et l'occupation.
Très tôt placé dans des circonstances où l'autorité des adultes était en défaut, ou nulle, ou ridicule, voire dangereuse, Vadim se soustrait très jeune aux disciplines familiales et scolaires, réagissant dans toutes les situations avec la plus grande initiative, et a pu très vite se juger l’égal des grandes personnes et même nier leur importance. .. suite


1958

Michel Legrand / André Parinaud


« J’ai voulu prolonger en moi la part d’enfance
pour réussir ma carrière tout en m’amusant »

 (Paru dans Arts, numéro 662, du 19-25 mars 1958)

Le 6 juin 1944, l’inquiétude et la gêne bouleversaient les visages : les alliés débarquaient. Cependant, dans un vieil immeuble du Conservatoire National de Musique, un petit garçon de 12 ans souriait comme hors du temps. Il vient de remporter sa première victoire. Michel Legrand, né le 24 février 1932, est consacré premier prix de solfège.
Pour le jeune musicien qui vit assez pauvrement, la période de l’occupation est une sorte de gendarmes voleurs. Une aventure à la fois horrible – à cause des bombardements, des mots qu’il voit et qui le frappe vivement – est merveilleusement dangereuse, harassante aussi. Comme des milliers d’autres petits parisiens de sa génération, en train et en vélo il fait des expéditions dominicales à bicyclette pour aller chercher du beurre et des œufs en Normandie avec sa mère. C’est pour lui l’occasion de vivre par l’imagination un  véritable western. Cette joie, ce rêve éveillé poétique, sont entachés de crainte. Peur de la guerre, peur de la faim, peur d’être pris au petit jeu du marché clandestin.
Et c’est cette peur même qui le conduit au refuge où il trouvera la gloire et la réussite : la musique. ..suite
                                                                                                                                                                                                                 


1958

Louis-Ferdinand Céline / André Parinaud

 

- Céline, la dialectique de l’outrance, Le Bulletin Célinien, 2001
- Entretien avec A.P. La Parisienne N°1 Janvier 1953
- « Je suis un pauvre homme brisé .. »,Arts n°624 juin 1957.


"Céline vivant" - Les grands entretiens de Louis-Ferdinand Céline
Un coffret 2 DVD d’entretiens inédits avec l’écrivain

En juin 1958 j’étais venu à Meudon avec l’intention d’enregistrer et de filmer pour la télévision notre conversation. Céline l’avait accepté. Pendant que nous conversions, la petite équipe s’installa.

«Voyons un peu : Céline» 1958 – Entretien audiovisuel avec André Parinaud réalisé par Alexandre Tarta (18 mn.).
Céline nous parle de son travail d’écriture tel un ouvrier qui travaillerait avec acharnement, tous les jours, il déclare «avoir décidé d’écrire pour acheter son appartement», nous livre sa conception de la littérature, l’importance accordée au style, au «langage parlé à travers l’écriture».

 

«Lectures pour tous» 1957 – Entretien audiovisuel avec Pierre Dumayet réalisé par Jean Prat (19mn.).
Céline aborde le succès inattendu de Voyage au bout de la nuit, écrit pour payer son loyer, dans l’espoir de retourner ensuite à la médecine, puis les retentissements qui s’ensuivirent, son incompréhension face aux réactions.

 

«En français dans le texte» 1961 – Entretien audiovisuel avec Louis Pauwels réalisé par Yvan Jouannet (19 mn.).
Céline nous reçoit dans son étrange maison de Meudon, entre ses chiens et son perroquet, son bureau sur lequel sont posés ses 80.000 feuillets qu’il assemble avec des pinces à linge…  L’auteur revient longuement sur son enfance, sa vie au «passage Choiseul» à Paris (qui deviendra «le passage des Bérésinas» dans Mort à crédit).


Céline au travail .
Relecture et correction d’un extrait de Nord par l’auteur 1960 (11 mn.). Enregistrement sonore inédit, réalisé par Renée Canavaggia, soeur de la secrétaire de L.-F. Céline.

1959

Louis Aragon / André Parinaud


« Je veux franchir ma limite par la poésie de l’amour »
(Paru dans Arts n° 717, 1959)

Louis Aragon, né en 1897. Participe dès 1919 au Mouvement Dada, l’un des quatre fondateurs du Surréalisme. En 1927, adhère au Parti Communiste, et bientôt rompt avec André Breton. Directeur du journal Ce soir, de 1937 à 1940, à la Libération prend la direction des Lettres Françaises. Œuvres nombreuses (près de 80 titres), poèmes, essais, romans, du Paysan de Paris à La Semaine Sainte, des Yeux d’Elsa au Fou d’Elsa.

 entretien

 


1960

Julien Green / André Parinaud

« L’art est un contrepoint de la vie »
(Paru dans Arts n° 772, 1960)

Julien Green, d’origine américaine, a excellemment dit : « il n’y a jamais que deux types d’humanité que j’ai vraiment bien compris : c’est le mystique et le débauché, parce que tous deux volent aux extrêmes et cherchent l’un et l’autre, à sa manière, l’absolu ». Les personnages du romancier exaltent leurs tourments jusqu’à la folie et l’hallucination, méditation spirituelle, drame de la chair, obsession de la mort.
Partir avant le Jour, Mille chemins ouverts, Terre lointaine, Le Visionnaire, Chaque homme dans la nuit, mettent en scène un romancier à la fois réaliste et fantastique. Sa passion pour les arts plastiques en fait un des témoins majeurs de notre temps – malgré sa discrétion ... suite

Période 1960/1970

Abelio Aron Bloc Braque Buren Chagall Dietrich Etiemble Fourestié Giacometti Giono Hélion Jouhandeau
Lefebvre Leprince-Ringuet Mathieu Levis-Strauss Lilar Lupasco Paulhan Rauschenberg
Soulages

1962

Stéphane Lupasco / André Parinaud

« Contradictions et conflits, bases de la Vie »
(Paru dans Arts n° 794, 1962)

Stéphane Lupasco, d’origine roumaine, né à Bucarest, est de nationalité française. Il poursuivit ses études universitaires scientifiques et philosophiques à la Sorbonne.
Longtemps chargé de recherche au Centre National de Recherche Scientifique, il a publié, chez Julliard, les Trois matines en 1960, et l’Énergie et la matière vivante en 1962 ...suite


1962

Robert  Rauschenberg / André Parinaud

  (Paru dans Arts n° 821, 1962)

 

Robert Rauschenberg est l’un des chefs de file de la jeune École de New York. Né en 1925 à Port Arthur (Texas), il a successivement étudié à Kansas City Art Institute, puis au lendemain de la guerre à l’Académie Julian à Paris. Rauschenberg obéit à une véritable tradition : il cherche à provoquer un satori, une révélation dans l’esprit de ceux qui regardent ses œuvres sans les comprendre... suite


1962

Georges Mathieu / André Parinaud

« J’ai introduit le risque en art »
(Paru dans Arts n° 902, 6 février 1962)

Pour Georges Mathieu, la création d’une œuvre d’art est une fonction de rupture. Il s’agit, avec son corps même, d’opérer, par la vitesse, par sa soudaineté, sa violence implicite, un appel aux ressources les plus profondes – analogue à un geste de survivance et provoquant une tension extrême. Une transcendance peut alors s’éveiller qui, selon lui, est libérée de toute empreinte.
Il s’agit, dit-il, d’atteindre « l’inouï », opération mentale qui nous permet d’échapper à la logique et à la référence des esthétiques, qui nous imposent leurs lois. La création doit être « libre », au-delà de toute structure pour être « vraie ». La vitesse devenant le critère de l’accession au nouveau, avec le paradoxe que « ce qui est réellement nouveau ne peut être que foncièrement traditionnel »...suite
                                                                                                                                                                           

1962

Henri Lefebvre / André Parinaud

Marx croyait-il à la liberté ?
« Oui, pour lui, l’homme a un champ du possible
qui s’élargit sans cesse »

(Paru dans Arts n° 870, 21 mai 1962)

Henri Lefebvre (né en 1905). Œuvres principales : Le matérialisme dialectique – Critique de la vie quotidienne – Descartes – Pascal – Pour connaître la pensée de Marx -  Pour connaître  la pensée de Lénine – Les problèmes actuels du marxisme -  La somme et le reste (Prix des Critiques, 1959) – Introduction à la modernité.


1962

Raymond Aron/André Parinaud

« Le marxisme s’est trompé :
la richesse ne s’établit pas sur la pauvreté. »

(Paru dans Arts n° 869 du 30 janvier 1962)

« La démographie est plus forte que les idéologies.
La population double tous les trente ans. »

(Paru dans Arts n° 869, 16 mai 1962)

Né à Paris, le 14 mars 1905, Raymond-Claude Ferdinand Aron est agrégé de philosophie, docteur ès lettres. Après avoir enseigné à Berlin, à Paris, puis à la Faculté de Lettres de Toulouse, il est pendant la guerre rédacteur en chef de la France libre à Londres. Éditorialiste à Combat et au Figaro, il revient à l'enseignement. Il occupe la chaire de sociologie de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris en 1956. Directeur d'études à la 6e section de l'École Pratique des Hautes Études en avril 1960, Raymond Aron est membre de l'Académie américaine des Arts et des Sciences (section sciences politiques).Il apparaissait comme le dernier philosophe des « Lumières ».


1962

Alberto Giacometti/ André Parinaud

« Pourquoi je suis sculpteur »
(Paru dans Arts n° 823, 13-6-1962)

 

Avec Alberto Giacometti, la sensorialit é à l’état le plus vif devenait la révélation artistique. Je décidai de le rencontrer. Par une coïncidence heureuse, il revenait de Venise. Je connaissais évidemment sa recherche inlassable de longues figures filiformes qui tentent d’évoquer une forme humaine idéale qui semble reculer dans l’infini à mesure qu’on l’approche. La peinture de Giacometti ne me semblait pas moins énigmatique que sa sculpture, à travers les portraits de sa femme Annette et de son frère Diego – ses modèles préférés. C’est d’après eux qu’il poursuivait, dans son invraisemblable atelier du quartier Plaisance, où il m’invita, la lente et patiente élaboration d’un peuple d’idoles hiératiques et autres qui vous accueillait …suite

 


1962

Jean Fourastié / André Parinaud

« C’est la religion du progrès qui nous guide »
(Paru dans Arts, n° 922, 26 juin 1962)

La réédition, dans la célèbre collection ID de l'ouvrage de Jean Fourastié, Le Grand Espoir du XXéme siècle, quinze ans après sa première lecture, fut l'occasion d'introduire dans l'enquête philosophique que j'avais entreprise la notion fondamentale de conquête du Progrès qui, avec la force de l'espoir de « liberté » affirmé au XIXème siècle, avait inspiré l'homme « moderne », transformant le sens du terme « économie » qui était devenu un critère de « vérité sociale », après avoir longtemps appartenu au domaine du rendement technologique et industriel ...suite


1962

Jean Hélion / André Parinaud

« Par inquiétude et par joie,
je retourne au sens de la figuration »

(Paru dans Arts n° 883, 26-9-1962)

Jusqu’en 1959, Jean Hélion était un peintre abstrait, fondateur du groupe « Abstraction-Création » avec Arp, Herbin, Kupka. Il séjourna aux USA et en 1936 rencontra de nombreux peintres américains dont Pollock. Il revint en France, connut la guerre, fut fait prisonnier – époque d’un grand choc de sensibilité. « J’étais en train de geler des froids dans les champs de Poméranie. Je rêvais à des tableaux, mais je n’arrivais pas à rêver à des formes géométriques mais à des arbres, à des femmes… à des pains…. Et quand après deux ans, j’ai réussi à m’évader et à rejoindre les États-Unis, il n’y avait plus moyen de faire une toile abstraite. » Il dit encore : « Peindre est un acte profond et, figurer c’est vivre. » 

entretien


1962

Raymond Abellio / André Parinaud

La révélation de la structure absolue
« On ne peut pas détacher l'activité spirituelle de la pratique vitale. »

(Paru dans Arts n° 877, 17 juillet 1962)

 

Le Congrès de la Société de Symbolisme venait de se tenir à l'Unesco en 1962 sous la présidence d'honneur de Gaston Bachelard, dont une communication fut lue au début des travaux. Un certain nombre d'universitaires français avaient été invités, notamment Paul Ricœur, professeur à la Sorbonne, qui parla du Conflit des Herméneutiques, et Gilbert Durand, professeur à l'Université de Grenoble, qui traita des Trois niveaux de formation du Symbolisme. Les deux cent cinquante congressistes entendirent aussi MM. Lussato, Berger, Carlo Suarès, Jacques d'Arès, le Dr Martini, Raymond Abellio (Valeur ontologique du Symbole) et René Alleau. Ce congrès devrait marquer une date importante dans l'étude des fondements et de l'interprétation des symboles. « Ce n'est pas un hasard si nous rejoignons les cohortes du symbolisme, déclara notamment Paul Ricœur, c'est parce que nous sentons que l'archaïsme n'est pas une fuite mais un retour aux sources. » ... suite

 


1962

Louis Leprince-Ringuet/André Parinaud

« Peindre, pour moi, c’est ma façon de vivre
au rythme des hommes »
(Paru dans Arts n° 884, 3 octobre 1962)

Louis Leprince-Ringuet, né à la Alès, polytechnicien, diplômé de l’École Supérieure d’Électricité, professeur au Collège de France dans la chaire de physique nucléaire, il a publié plusieurs ouvrages : Rayons cosmiques, Les inventeurs célèbres (1953), Les grandes découvertes du XXe siècle (1956), Des atomes et des hommes (1958), et a obtenu le Prix Eve Delacroix. Louis Leprince-Ringuet venait d’exposer ses peintures à la Galerie René Drouet (à 61 ans), lorsqu’il accepta cet entretien en 1962 ...suite

1962

Jean Paulhan / André Parinaud

« l'art moderne cherche quelque chose
de plus important que la beauté. »

 (Paru dans Arts n° 883, 10 octobre 1962)

Jean Paulhan se présentait comme un ancien zouave, un colon, un chercheur d’or, une éminence grise, professeur à l’École des Langues orientales, membre de la Société asiatique, directeur de la Nouvelle Revue Française, bouliste, écrivain. Parmi ses œuvres : Le Guerrier appliqué, Braque le patron, Entretien sur les faits divers, Les Causes célèbres, Les Fleurs de Tarbes. Il était né à Nîmes le 2 décembre 1884... suite


1962

André Bloc/André Parinaud

« L’avenir de l’art dépend d’une grande architecture »
(Paru dans Arts n° 881, 12 septembre 1962)

 

« L'art existe pour moi en dehors de toute question de figuration et d'abstraction. Ce sont des à-côtés du problème, mais je pense que la figuration est une gêne et que, si l'abstraction a autant de succès, c'est parce qu'elle constitue une libération de l'artiste plasticien. »...  suite

 


1962

Marcel Jouhandeau / André Parinaud

 « L’humanité est monstrueuse dans ses projets
alors que la nature est cohérente. »

(Paru dans Arts n° 895, 13 décembre 1962)

Pendant des années, j’ai fréquenté Marcel Jouhandeau et sa femme comme on joue au gendarme et aux voleurs, en vivant un théâtre nourri de petits drames et de farces – mais ceci est une autre histoire.
Lorsqu’il décida de faire jouer sa pièce Leonora, je lui proposai un entretien sur le sens de sa vie d’écrivain et d’homme.
Leonora était le drame sous forme d’une sorte de duel entre deux femmes – une bataille de dames – et l’on sait jusqu’où peuvent aller entre mère et fille les sentiments de haine. Il avait déjà d’ailleurs évoqué dans un ouvrage Un Monde une fille qui, pour abaisser l’orgueil de sa mère, entra clandestinement dans un bordel et ne le fit savoir à sa mère qu’une fois sa déchéance consommée, c’est-à-dire plusieurs années plus tard... suite


1963

Marlène Dietrich / André Parinaud


"J’ai chanté pour les soldats pendant la guerre ...
 dans les champs, partout "

40 entretiens de 7’  enregistrés en 1963 pour la Chaine Nationale (RTF)
Dix de ces entretiens ont fait l’objet de l’édition d’un coffret en 2012
« Marlène Dietrich – Monstre sacré »,
Les Grandes Heures INA/RADIO France
Harmonia Mundi Distribution

https://www.inamediapro.com/notice/PHD99101608?key=3246079234&nbResult=53&backUrl=%2Frecherche%2Fsimple%3Ftri%3Dalphabetique%26nb%3D15%26page%3D1%26media%3Dphono%26dir%3Ddesc%26oldValRadio%3D53%26anchor=1
entretiens


1963

René Étiemble / André Parinaud

"La Chine face à l’Occident"
(Paru dans Arts n° 899, 16 janvier 1963)

René Étiemble rentrait de Moscou en 1963, après avoir visité la Chine, et son témoignage, au cours de cet entretien, reste un document.
Romancier avec L’Enfant de cœur, avec Peaux de couleuvre, essayiste avec Six essais sur trois tyrannies, Hygiène des lettres, auteur d’une thèse de doctorat es lettres, Le mythe de Rimbaud, il était également un observateur attentif remarquable... suite


1963

Susanne Lilar / André Parinaud


« La femme a conquis le monde,
elle imposera l’honneur et le nouveau sacré de l’amour »

(Paru dans Arts n° 914, 1 mai 1963)

En 1963, Arts demandait à Suzanne Lilar une étude sur l’amour au XXe siècle.
C’est de cette étude qu’est né Le Couple (Éditions Grasset).

entretien


1963

Georges Braque/André Parinaud

« l’art et la vie ne font qu’un »
(Paru dans Arts n° 918, 29-5-1963)

 

L’entretien avec Braque me posait autant de problèmes que j’en découvrais. Comment expliquer la violence outrageante des réactions que cette œuvre novatrice, aujourd’hui « sacralisée », suscita parmi ses intimes et ceux qu’on dénomme les « intellectuels » de l’époque – dont Apollinaire à qui on doit la mode du terme ? Non, l’intelligence était incapable d’exprimer en une image l’influence qu’elle subissait à travers les inventions qui s’accumulaient ! Qu’est-ce donc que cet état sensible qui révèle soudain des signes d’une dimension « autre » devenant le message de l’ensemble – cette intuition qui porte l’esprit au sommet des obstacles à comprendre, à estimer, à résoudre, en les dominant ? ...suite


1963

Jean Giono / André Parinaud

« Quel temps faisait-il le 25 février 1525 à la bataille de Pavie ? »

(Paru dans Arts n° 921, 19 juin 1963)

« Mon rêve, c'est une petite maison, et un âne. Je vais dans un chemin où les voitures ne peuvent pas passer, mon petit âne s'endort et moi endormi derrière le petit âne, dans une petite calèche en osier. En route, j'ouvre un œil, et me dis : « Cet olivier est très joli » et je le referme... pas plus ! C'est cela le bonheur. Mais, depuis Pavie, n'est-ce pas, on commence à l’oublier... » ...suite
                                                                                                                                   

Consulter également le site de l’INA où l’on trouve l’interview de Jean Giono par Pierre Dumayet pour l’émission  « Lecture pour tous » diffusée le 28 août 1963 (30 minutes), où il parle de son livre  « Le désastre de Pavie ».


1963

Marc Chagall / André Parinaud

« Marié dès mon enfance avec la pureté de la couleur »
(Paru dans Arts, numéro 926 - 1963)

 

Avec le témoignage de Chagall, je faisais une « pause ». J’étais en présence d’un mystique de la peinture qui, « dès son enfance, disait-il, avait été marié avec la pureté de la couleur » et n’a jamais cessé d’être « contaminé par la pureté » jusqu’au sentiment qu’il communiquait du « surnaturel ».
« Je suis arrivé à Paris, dit-il, comme porté par mon destin, avec tous mes rêves, toutes mes pensées. J’aspirais à une révolution de l’œil ». « Les rues étaient « les académies de mon âme de peintre »... suite


1963

Claude Lévi-Strauss /André Parinaud

« L’intelligence, qu’est-ce que c’est ? »
(Paru dans Arts, n° 871, 30 mai 1963)

La querelle profonde Camus-Sartre repose, selon moi, sur une équivoque : la définition de l’intelligence qui
les séparait. Je voulus, si j’ose dire, en avoir « le cœur net » et sollicitai l’opinion d’un homme que j’admirais : Claude Lévi-Strauss, agrégé de philosophie, docteur es lettres, qui était, depuis 1950, directeur d’études de l’École pratique des Hautes Études où il animait la Chaire des Religions comparées des peuples sans écriture, et il était également professeur titulaire au Collège de France à la Chaire d’Anthropologie sociale. Cette énumération a pour but de mettre en évidence le plan de ses compétences. Il venait de publier un ouvrage, La Pensée sauvage (Éditions Plon). Il avait, pour thème, un attribut universel de l’esprit humain : la pensée à l’état sauvage « florissante dans tout esprit d’homme, contemporain ou ancien, proche ou lointain, tant qu’elle n’est pas cultivée et domestiquée pour accroître son rendement ». C’est-à-dire une conception de l’intelligence... suite


1968

Daniel Buren/André Parinaud

« Je ne fais pas rêver »
(Paru dans Galerie des Arts n° 50, février 1968)

Avec Daniel Buren, nous prenons un tournant radical et découvrons un artiste d’un type particulier qui refuse tous les codes habituels des créateurs – exception : l’argent nécessaire pour survivre et vivre et qui exploite son « invention » comme une provocation.
J’ai connu Daniel Buren lorsqu’il était très jeune artiste. Sa mère, sténotypiste remarquable, avait accepté, avant l’utilisation du magnétophone, d’enregistrer et dactylographier les entretiens que déjà j’organisais. Elle me dit un jour : « Mon fils peint, mais il est arrivé à un point d’évolution qui me sidère. Je serais heureuse que vous acceptiez de le rencontrer et que vous me fassiez connaître votre avis...suite 

Période 1970/1980

Agam Alechinsky Bory Botero Dali Delaunay Duhamel Ernst Fahr El Nissa Zeid Fouchet Goetz Hartung Hélion Helman Hundertwasser
Kerchache Kijno Le Yaouank Mallet Joris Martin Matégot Matta Masson Mélois Modiano Sagan Sarraute Schöffer Soulages Takis Vasarely Viera da Silva

 

 

1971

Françoise Mallet Joris / André Parinaud


« Un amour d’une certaine qualité choisit lui-même ses règles et ses tabous. »
(Paru dans La Galerie,  numéro 100, janvier 1971)



Françoise Mallet Joris qui vient d’être  élue à l’Académie Goncourt,
a accepté de répondre à notre questionnaire sur « un Art de vivre ».
                                                                                                           ....  entretien


1971

Salvadore Dali /André Parinaud

 

Le musée Bymans-Van-Benningen à Rotterdam présente plus de 200 oeuvres de Dali de 1929 à 1940

(Paru dans la Galerie des Arts, n°100, janvier 1971)

 



entretien

1971

Georges Friedmann / André Parinaud

Je me suis efforcé de vivre le précepte du sage : "Il ne s'agit pas de s'indigner, il faut comprendre."

(Paru dans la Galerie des Arts, n°101, février 1971)

Son livre "La Puissance et la sagesse" paru chez Gallimard est à la fois un journal de voyage, mais de « voyage intérieur » et un livre de raison, par quelqu'un dont la pensée et la vie se sont vouées à l'étude de la société. L'ouvrage tient à la fois de l'autobiographie, de l'essai philosophique, du traité de socio­ogie, mais c'est toujours le dialogue de l'auteur avec lui-même, avec ses expériences, qu'il lui arrive de juger sans indulgence, pour la recherche de la difficile vérité.

entretien


1971

Jacques Duhamel/André Parinaud



Je suis le ministre de la réconciliation de l'homme avec son temps
(Paru dans La Galerie, n° 111, décembre 1971)

entretien

1972

Débat Patrick d’Elme, Jacques Guillerme, Ariel Gainsbourg,
André Parinaud, Armand Ollivennes

« Où commence la création où finit la folie »


(Paru dans La Galerie, n° 112, janvier 1972)

Cinq personnalités (psychologue, historien, sociologue, psychiatre) réunies autour d’un micro pour débattre sur le thème de « Art et Folie » ... suite


1972

Mathieu Matégot / André Parinaud


« Dans dix ans la tapisserie française aura vécu »
(Paru dans La Galerie, n° 113, février 1972)

entretien


1971/1972

Vasarely /Patrick d'Elme / Jean-Christophe Averty

Première cité polychrome de Vasarely
(Paru dans la Galerie des Arts, n°100, janvier 1971)
entretien
°°°
Vasarely explique ses sources
(Paru dans Galerie des Arts, n°114, mars 1972)

R.T.L. vient d'inaugurer la nouvelle façade de son immeuble, rue Bayard., conçue par Vasarely. Par ailleurs, la galerie municipale de Montreuil présente une exposition didactique, consacrée à l'oeuvre de cet artiste, enfin sur le petit écran une émission de J.-C. Averty et Roger Mes a rendu populaire l'homme et son oeuvre. Il revenait à l'un des talentueux créateur de la télévision française, J.-C. Averty, célèbre pour ses effets optiques, de rendre hommage à celui que l'on considère, à juste titre, comme l'inventeur de l'op-art.
Vasarely s'est confié à J.-C. Averty parlant de son oeuvre, de Gordes où il a installé sa Fondation, et de son passé... suite


1972

Nathalie Sarraute / André Parinaud


« Ne sommes-nous pas tous un peu fous »
(Paru dans La Galerie, numéro 114, mars 1972)

Nathalie Sarraute vient de publier chez Gallimard « Vous les entendez ? ». Dans ce roman elle  montre comment un conflit de génération annule toute velléité de parole. « … Ils sont gais, hein ? Ils s’amusent… Que voulez-vous, c’est de leur âge… Nous aussi, on avait des fous rires… ». Elle a accepté de répondre à notre questionnaire sur « Un art de vivre ». ... suite

                                                                                                                                                       


1972

Fahr El Nissa Zeid / André Parinaud

(Paru dans Galerie des Arts, n°115, avril 1972)

C’est en 1944 à Istanbul, sa ville de naissance, que Fahrelnissa Zeid, membre de la famille royale hachémite d’Irak, expose pour la première fois. Suivrons des expositions à Londres puis Paris où elle est remarquée par Charles Estienne et André Breton. En 1950 elle présente une série de grandes toiles abstraites à la Galerie Hugo de New York.
Durant ses nombreux séjours à Paris, nous avions pris l’habitude de nous retrouver dans son appartement de la rue de Grenelle pour parler de l’histoire de l’art. En 1975, lorsqu’elle décide de rentrer en Jordanie, près de son fils, elle crée le Fahrelnissa Zeid Institute of Fine Arts à Amman.En mai 1972, Fahr El Nissa Zeid (son om d’artiste) expose à la galerie Katia Granoff une série d’étonnants portraits monumentaux. L’art du portrait semble trouver aujourd’hui une nouvelle faveur parmi les artistes. Je l’ai alors questionnée  pour savoir comment ce peintre abstrait avait trouvé son chemin de Damas... suite


1972

Jean-Louis Bory/ André Parinaud

(Paru dans Galerie des Arts, n°116, mai 1972)
J'aime la vie

 

Jean-Louis Bory qui vient de publier La nuit complice (10/18), second recueil de ses critiques de cinéma, et qui va publier La Révolution de Juillet ou les Trois Glorieuses (Gallimard) répond à notre questionnaire sur « un art de vivre ».

 

...suite

 


1972

Françoise Sagan / André Parinaud


(Paru dans Galerie des Arts, n°117, juin 1972)
Le bonheur c'est être bien avec soi-même


Françoise Sagan qui va publier un nouveau roman « Des bleus à l'âme »
(Flammarion), répond à notre questionnaire sur « un art de vivre »... suite

1972

« Les cris du Surréalisme »



Les samedis de France Culture
émission de 3h35 diffusée en décembre 1972

Depuis un demi-siècle, le surréalisme a fait entendre quelques-uns des plus beaux cris d’homme, face aux drames de la vie et de l’esprit. Cet après-midi, je me propose de tenter de recréer le climat de quelques-uns des instants privilégies de l’aventure surréaliste. Comment les surréalistes ont-ils pris conscience de leur vocation ? C’est avec la voix d’André́ Breton et Philippe Soupault que, dans la première partie, nous allons reconstituer la genèse du mouvement. Puis, nous évoquerons quelques-unes des positions politiques du surréalisme : les scandales, les défis, les espérances. Je souhaiterais que nos auditeurs retrouvent un peu du climat exceptionnel des grandes heures surréalistes autour des réunions de café́, des jeux, des séances d’écriture automatique, telles que Jacques Baron, Lise Désarme, André́ Pierre de Mandiargues, Marcel Duhamel nous les raconteront.
Puis, pour conclure, à l’heure des bilans et des procès : André́ Thirion, Henri Lefebvre, Marcel Jouhandeau, Alfred Fabre-Luce, Raymond Abellio, Marcel Brion, Max-Pol Fouchet; après avoir entendu, Max Ernst, Félix Labisse, André Masson, Jacques Hérold, Jean Hélion tenteront de conclure. Que reste-t-il du surréalisme ? Le jeune peintre Silberman et Jacques Maret, directeur de la revue surréaliste Feuillets inutiles, et les deux derniers animateurs du mouvement, Jean Schuster et José Pierre, diront enfin où nous en sommes aujourd’hui.


Photographie de la  Reliure de Georges Leroux, daté de 1971,
réalisé pour l’un des 14 exemplaires de l’ouvrage « Le Surréalisme et la peinture » d’André Breton, N.R.F., 1928.
 
 

1972

Patrick Modiano / André Parinaud


« Les amitiés les plus fortes sont celles qu’on a nouées
 lorsqu’on était adolescent »


(Paru dans La Galerie, numéro 121, novembre 1972)

Entretien


1972

Takis / André Parinaud

« L’avenir est dans la collaboration de l’artiste et du savant »
(Paru dans La Galerie, numéro 121, novembre 1972)

entretien

Le 22 septembre s’est ouvert au C.N.A.C. l’exposition des œuvres de Takis. Nouveau Prométhée, ses « signaux », « télesculptures », « fleurs cosmiques » sont aujourd’hui reconnus des deux côtés de l’Atlantique. Pourtant en 1942, il était suspecté par la police athénienne pour ses sympathies politiques, simulait la maladie afin de ne pas rejoindre l’armée et, impuissant devant Le dénuement de ses proches, vendait ses chaussures pour ne pas mourir de faim.


1972

Jacques Kerchache / André Parinaud


« Le marché de l’art africain »

(Paru dans La Galerie, n°121, novembre 1972)


entretien


1973

Alain le Yaouanc / André Parinaud

«  Une œuvre d'art est l'horloge d'un temps inconnu.
L'artiste n'est pas créateur d'anarchie mais d'ordre. »

(Paru dans Galerie des Arts, n° 131,novembre 1973)

« Quand je regarde votre peinture, j'ai une première sensation, c'est que nous sommes devant « quelque chose » qui se situe après le cubisme, après le surréalisme, dans un univers baroque, fantastique, mathématique, scientifique et qui correspond, d'autre part, au dynamisme de l'époque, qui est un vouloir, qui est aussi un rêve. » ...suite

                                                                                                                          


1974

Robert Helman / André Parinaud


«  Peindre c'est proposer un style comme finalité de la vie  »
(Paru dans Galerie Jardin des Arts, n° 135,mars 1974)

entretien


1974

Viera Da Silva/André Parinaud

« Peindre c’est marier le regard intérieur au regard »
Galerie des Arts n° 138 – Juin 1974 

« C'est vers 21 ans que j'ai cherché sérieusement ma voie, très lentement. J'ai commencé par faire des natures mortes, ou des paysages où je cherchais l'essentiel de ce qui m'intéressait dans la nature, j'ai eu une période très abstraite, après avoir vu les «Joueurs de cartes » de Cézanne, mais ce fut long et difficile. … J'ai vu des expositions, d'abord les cubistes. Et puis j'ai lu « Le chef-d'œuvre inconnu » de Balzac, illustré par Picasso... ce peintre qui peint, qui peint, et fait une chose in­compréhensible; cela m'a beaucoup aidée à comprendre beaucoup de choses. »... suite

1974

Max-Pol Fouchet / Marcel Jean /André Parinaud

"Le surréalisme et la peinture : son avenir"
(Galerie des Arts– Décembre 1974)

 

A l'occasion du cinquantenaire du Premier Manifeste du Surréalisme, André Parinaud, Max-Pol Fouchet et Marcel Jean tentent de faire le point de ce qu'on pourrait appeler "l'apport de la peinture surréaliste". Qu'est-ce que les surréalistes ont amené dans la peinture qùi n'y était pas avant eux?

 

Débat

1974

Pierre Soulages / André Parinaud

"Technique de la gravure"

Dans le cadre de l’émission Le Forum des Arts André Parinaud reçoit Pierre Soulages qui expose des gravures à la Galerie de France. L'artiste explique les techniques utilisées pour réaliser ces gravures : il grave de façon traditionnelle sur des plaques de cuivre, mais il attaque le métal à l'acide pour le trouer et le découper. Ainsi le papier devient partie intégrante de l'œuvre et non plus seulement un support.

                                                                       Entretien


(Durée 8’, diffusés le 20 octobre 1974)


1975

Jean Hélion / André Parinaud


« Je crois que l’art, c’est l’aventure de l’homme,
 l’art n’existe  que parce que les hommes le font vivre. »

(Paru dans Galerie Jardin des Arts, n°147, mai 1975)

« C’est  là que le mot figuration est un bien mauvais mot. J’ai défriché, si l’on peut dire, cette réalité telle que je le concevais, avec mes moyens de peintre abstrait, les rythmes que je connaissais, les plans, les surfaces planes, les surfaces dégradées, mes éléments de peintre, les couleurs aussi, et cela a donné quelque chose qui ne ressemble pas toujours extérieurement à cette réalité, mais qui est le dialogue avec elle ; d’une façon très serrée, mon but n’étant pas de reproduire la réalité, mais d’en faire usage. »...suite

1975

Max Ernst / André Parinaud

« Max Ernst, Pourriez-vous renoncer à peindre ?
Oui, si on me coupait les mains. »

(Paru dans Galerie Jardin des Arts n° 147, mai 1975)

Max Ernst était, à mes yeux, l’artiste-citoyen-du-futur-qui-s’annonce avant même de le rencontrer. Ses études de philosophie à l’Université de Bonn qui s’étaient terminées en 1914 (il était né en 1891) avec la terrible expérience de quatre années de guerre expliquant son engagement surréaliste.
Il fonda en 1918 le groupe Dada de Cologne. Ses premiers collages, très différents des Cubistes, furent salués par André Breton et le groupe comme une « révélation ». Il décida de se fixer à Paris et devint ami et membre de l’équipe militante de Breton à Tzara, d’Eluard à Aragon ... suite

On consultera également le dialogue entre André Parinaud, Max Pol Fouchet et Alain Bosquet à propos de l'oeuvre de Max Ernst paru dans ce même numéro de la revue...suite

                                                                                                                                                                           


1975

Pierre Soulages / André Parinaud

« Je vis la peinture comme telle : la vraie vie »
(Paru dans Galerie des Arts n° 150 – septembre 1975)

Mon amitié avec Pierre Soulages m’autorisait à le tutoyer et à lui confier les questionnements d’une pensée sans retenue, à lui poser des problèmes délicats pour apprécier les nuances de ses réflexions.
Son inspiration lui venait de l’exemple de Rembrandt et de Claude Lorrain et il s’en expliquait avec le plus grand naturel – comme un « technicien ». Chacun de ses commentaires était une découverte et une conquête. Quand il dit devant la toile blanche : « J’attends d’oser - c’est-à-dire de sortir de moi-même et d’y entrer », j’adhérais avec lui à la mouvance du Réel.
« Quand je peins, ce que je fais m’informe de ce que je vais faire. Je n’ai pas de projet. Je pense parce que la vie prend alors un sens pour moi qui mérite d’être vécu. J’entends Rimbaud me parler de la « vraie vie »... suite

1975

Roberto Matta / André Parinaud

« Faire voir ce qu’on ne voit jamais »
(Paru dans Galerie des Arts n° 151 – octobre 1975)

« Je crois qu'on appelle artiste, trop souvent, un producteur sur le marché de ce qui peut se vendre et dont on prétend que c'est de l'art (souvent est moderne ce qui se vend le mieux) ! Je crois que la question devrait se poser d'une autre façon : est moderne ce qui fait voir, et qui a plus à voir avec le verbe voir qu'avec le mot art. Un artiste est celui qui fait voir quelque chose qu'on a besoin de voir, dans le sens de : utile, nécessaire, urgent. Est artiste qui répond à une urgence du verbe voir. Il y a tellement de choses qui sont, pour ainsi dire, transparentes ou cachées. »  … suite

1975

Nicolas Schöffer / André Parinaud

«  C’est la pensée créatrice qui fait la véritable histoire
et détermine l’avenir »

(Paru dans Galerie des Arts, n° 152, novembre 1975)

« Pour moi, ni technologie, ni science, ni commerce ! Certes j’utilise la technologie, même s’il le faut la science, mais en ayant  à l’esprit cette phrase de Louis Armand : « Avec des ciseaux de bronze les sculpteurs de Mycènes ne pouvaient travailler que l’albâtre, les doriens, avec les ciseaux de fer, purent attaquer le marbre. Tout l’art grec est né de ce moyen nouveau  - et de là Phidias, Praxitèle, etc. Aujourd'hui, les ciseaux de fer ne nous intéressent pas, nous avons l’électronique ! Et ce que nous regardons dans les musées, ce ne sont pas les ciseaux, mais les œuvres. L’électricité, l’électronique, l’ordinateur sont des ciseaux formidables, mais il ne faut pas montrer l’ordinateur, l’électricité, mais ce qui peut en naître. »...suite
                                                                                                                                

1976

Fernando Botero / André Parinaud

« La beauté c’est la force, la vie à l’état pur »
(Paru dans Galerie des Arts, février 1976)

« Je n’ai pas de référence métaphysique. Pour moi, une figure est une pomme ! Pas de message. Dessiner c’est toucher le caractère des choses qui échappe aux mots…
Je peins dans la fièvre. Au début il y a toujours une explosion. Je ne dois pas penser beaucoup, quelque chose doit sortir de moi… c’est physique. Je rêve la réalité et jamais en couleur, toujours en noir et blanc. Mes maîtres sont Piero Della Francesca et Ingres. »... suite

1976

Sonia Delaunay / André Parinaud

«  L'œuvre d'art authentique est l'expression
de la vie intérieure, de la poésie du créateur. »

(Paru dans Galerie des Arts, 1976)

 

« Pour être une œuvre complète et harmonieuse, elle doit être soutenue par un métier réel et prosaïque qui impose la simplicité. Poésie de mots, poésie de couleur, le rythme des vers est construction de valeur. La poésie circule à travers toutes les créations de l'art. »...suite

1976

Bernard Mélois / André Parinaud

En 1976, André Parinaud acquiert "Mélois de ce qui te regarde",
Ce fut le début d'une longue amité et d'une grande complicité.

C'est un rôle singulier qui s'impose au critique ou à l'historien qui est de livrer l'artiste ou son oeuvre à l'attention publique "tel quel". C'est-à-dire avec la distance que devrait lui conférer l'histoire lorsque le temps aura rempli son action acide et dégagera l'essentiel de l'originalité d'une démarche et aussi "décillera" les yeux des témoins !
Dire la vérité, la cerner, la valoriser, la défendre; faire connaître les traits, les signes et les valeurs qui enrichissent le capital culturel d'une époque ; détecter le neuf et le situer dans l'ordre des grandeurs des symboles de l'imaginaire humain ; s'arroger le droit de clairvoyance, quelle audace !

entretien
http://www.melois.fr


1977

André Masson/André Parinaud

« La figuration n’est jamais assez libre pour celui qui depuis longtemps marche
vers lui-même. L’abstraction n’est jamais assez expressive pour celui dont
la seule instance est d’écouter l’appel de l’être. »

 ( Paru dans Galerie de Arts n° 168, avril 1977)


Je dirais volontiers d'André Masson que, pour lui, l'imagination est souveraine et chaque ligne, chaque trait, chaque geste de sa toile est un élan vers le lyrisme pur. On ne sait ce qui détermine le destin d'un artiste ; André Masson né à Balagny dans l'Oise en 1896, fit ses études aux Beaux-Arts de Bruxelles avant de venir à Paris en 1912 , mais ce sont des écrivains ou des penseurs qui l'influencèrent le plus. Héraclite, Lautréamont, Nietzsche, Rimbaud, Sade seront ses maîtres au même titre que Delacroix, Gréco, Mantegna, Piranèse, Uccello ...suite

On pourra également consulter sur le site INA l’interview d’André Masson par André Parinaud diffusée par l’ORTF le 09/04/1958

Collection: RTF / ORTF
Documentary note no.: CPF86642789
First broadcast date: wednesday 09/04/1958
Duration: 00:05:00


1977

Etienne Martin / André Parinaud

« L'œuvre d'art est le souvenir d'un voyage vers l`ailleurs,
 vers les terres de l’étrange et de la pureté. »

(Paru dans Galerie des Arts, n° 170, juin 1977)

Étienne Martin - tête de patriarche et œil à la gaieté fauvesque - est à la fois le plus « naïf » des artistes, le plus vénérable (Grand Prix de la Biennale de Venise, Grand Prix National des Arts, Membre de l'Institut et j'en oublie ... ) Il y a du Bachelard dans ce sculpteur-vedette : d'abord son amour de la maison; sa série des « demeures » Pourrait faire l'objet d'une analyse qui aurait ravi l'auteur de la « Psychanalyse du feu » - l'enfant qui erre dans la vaste demeure familiale pendant que son père est au front et qui baptise chaque pièce d'une valeur symbolique ...suite

1977

Hans Hartung/André Parinaud

« Rembrandt est mon maître.
Le bruit et la lumière m’inspire »
(Paru dans Galerie des Arts – 1977)


Allemand de naissance, Hans Hartung a quitté sa patrie en 1932. Il a combattu dans la légion étrangère durant la dernière guerre, mais il a conservé cette jeunesse de cœur et d'esprit qui lui fit accepter notre entretien.
Henry Geldzahler a écrit : « Où donc réside l'intérêt des œuvres de Hartung ? Pour moi c'est de l'audace associée à la maîtrise absolue ;
Hartung ose et réussit. » Jugez-en !
… suite


1977

Ladislas Kijno / André Parinaud

« Une nouvelle dimension de l’homme »
(Paru dans Galerie des Arts – Novembre 1977)

«  Les origines de la création sont obscures. Picasso disait de la peinture que c’était un métier d’aveugle. C’est comme si nous avancions les mains en avant. Il faut se méfier de ce qu’on a coutume d’appeler la clarté. Un des secrets fondamentaux pour aborder ce labyrinthe (car c’en est un), c’est la jouissance. Le reste, le métier, la section d’or ou pas, le travail, le don de soi-même, c’est, bien entendu, capital, mais si, dans cet immense bouillonnement de la transmutation qu’est l’art, vous ne jouissez pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre de la tête jusqu’aux pieds, allez vous faire foutre ! » … suite


1978

Henri Goetz  / André Parinaud

"Le plus important dans une oeuvre ce n'est ni le départ, ni l'arrivée
mais ce qui se passe entre les deux. "

(Paru dans Galerie des Arts, numéro 179, avril 1978)

Sans illusion sur lui­même, les autres et le monde, le passé comme le futur, Goetz n'a qu'une passion : créer. Passion dévastatrice, qui comme un fleuve reçoit toutes les pluies, qu'il nourrit de toutes ses envies, de tous les possibles, de toutes ses faims, qui métamorphose le monde en signes, en couleurs et en formes pour composer la géométrie de l'espace qui contiendra son rêve de l'heure...suite

1978

Pierre Alechinsky / André Parinaud

« Quand je fais quelque chose, c'est pour moi ;
 si ça plaît à quelqu'un d'autre, tant mieux. »

(Paru dans Galerie des Arts n° 156, novembre 1978)

 

Quand je regarde un tableau, j’éprouve le sentiment théâtral d’apprécier une intelligence au travail et dans l’instant. La littérature impose une méditation, une analyse, des citations – même le grand Céline exige l’attention soutenue. La peinture est le langage de la spontanéité, vous êtes en présence d’une improvisation lucide, d’une fulgurance, comme un cri.
De tous les créateurs de ligne et de palette que sont les peintres, Pierre Alechinsky m’a toujours fasciné... suite

1978

Yaacov Agam /André Parinaud

« L'éclatement du temps et de la réalité dans les arts »
(Paru dans Galerie des Arts, n° 182, 1978)

La naissance de l’art cinétique démarre avec l’exposition d’Agam à la galerie Graven. « C’est la première exposition dans l’histoire de l’art avec une prise de conscience vers la 4e dimension et je n’ai jamais dévié de mon concept initial très proche des surréalistes ».
Agam est considéré comme le père de l’art cinétique depuis sa première exposition en 1953 à la Galerie Craven. Si l’on connaît Agam « artiste-peintre », j'ai demandé à Agam « philosophe » d’évoquer sa propre démarche. Agam introduit dans ses œuvres une vision différente de la réalité et du temps. Dans ses œuvres transformables, il est impossible de saisir le tableau qui change continuellement et se présente toujours sous un nouvel aspect. Nous vivons une « quatrième dimension »... suite
                                                                                                                                  

1979

Friedrich Hundertwasser / André Parinaud

« Le paradis sur terre, je le proclame avec la spirale »
(paru dans Galerie des Arts n° 194 – Septembre 1979)

 

Walter Koschatzky, Directeur de la Libertine de Vienne, écrit : « On aurait pu croire qu'il était entré dans son paradis. Mais ses œuvres de jeunesse avaient déjà leurs racines. Il n'était pas concerné par cette duperie d'un monde sain et sauf, par la représentation d'un arbre ou d'un buisson, d'une maison ou d'une forêt, mais par la connaissance de son propre monde. »    entretien

Période 1980/2000

Balthus Botero Cardin Cartier-Bresson Christoforou Cremonini

1992

Pierre Cardin / André Parinaud


"Je me définis comme un aventurier passionné par le monde. Je ne suis pas un faiseur d'habits,
mais un artiste qui maîtrise la matière.
Je ne suis pas la mode, Je la précède."

Pierre Cardin a plongé dans sa vie avec une lucidité attentive et passionnée — faisant ainsi surgir histoires, personnages, anecdotes et philosophie avec une acuité merveilleusement, révélatrice de la réalité d'un monde — dont il est l'un des témoins-vedettes depuis un demi-siècle.
Pour la première fois Pierre Cardin, leader mondial de la créativité française, évoque la réussite de sa vie avec André Parinaud...suite

5 émissions de 29’,  diffusées les 27, 28, 29, 30 janvier et 1er février 1992
 sur le canal FRANCE CULTURE


1993

 Leonardo Cremonini / André Parinaud

Le droit de suite et de monstration est une affaire de dignité
(Paru dans Galerie des Arts – mai 1993)

La victoire de la SPADEM est une marque de reconnaissance du statut de l'artiste.
Événement majeur de la reconnaissance de la pleine citoyenneté des créateurs plasticiens et auteurs d'arts visuels en France, le droit de suite vient d'être officiellement reconnu par le Conseil d'État, le 9 avril 1993, qui condamne par ailleurs l'État (Ministère de la Culture et de l'Éducation Nationale) à verser une indemnité de 10 millions de francs en préjudice, suite "au silence gardé pendant plus de quatre mois par le Premier Ministre à propos de l'application des textes sur la propriété littéraire et artistique".
Pour juger de l'importance de cette actualité, nous avons demandé à Leonardo CREMONINI d'apporter son commentaire d'artiste...suite

1997

 Jesús Soto / André Parinaud

 « Le spectateur fait partie de l’œuvre »
 (Paru dans Muséart - Septembre 1997)


« Tout a commencé comme dans un rêve, avec comme guide Dante Alighieri. Je suis alors un jeune adolescent, je viens d'avoir douze ans. Je lis La Divine Comédie et je quitte le Purgatoire pour découvrir le personnage de Dieu. Comment est-il ? Peut-on l'imaginer ? Quel est son visage ? Je cherche à comprendre la vision qui m'attend. Et soudain c'est l'éblouissement. Un soleil. Dante présente Dieu comme un rayonnement d'énergie - le secret de l'esprit. Je n'ai jamais oublié. » … suite
                                                                                                                                   

1997

Balthus /André Parinaud

« Le progrès, c’est la fin des grandes valeurs »
(Paru dans Muséart, Novembre 1997)

 

À la veille de ses quatre-vingt-dix ans, le grand artiste dit ses vérités.
À l'entrée de Rossinière — petit village de cinq cents habitants du Canton de Vaud —, le grand chalet qui est devenu "l'atelier" de Balthus, à flancs de montagne, semble se dissimuler derrière un rideau d'arbres. Sa monumentalité, la masse imposante de bois qui le compose est saisissante. Sous sa toiture en avancée s'affirme, dès l'entrée, une date  "1764", et, en lettres gothiques, le nom de l'origine patrimoniale des premiers maîtres, qui donnèrent leur nom au village... suite
                                                                          
                                                                       


1998

Henri Cartier-Bresson / André Parinaud

« Henri Cartier-Bresson tel quel »
(Paru dans Muséart, février 1998)

Si vous souhaitez interviewer Henri Cartier-Bresson, il vous recevra avec gentillesse, vous offrira, selon l'heure, café ou thé et vous tendra un petit texte dactylographié. Vous lirez : «Interview, nom féminin. Interrogatoire sans sévices bien qu’éventuellement serré qui, s’il a un but proprement journalistique et s’il consiste en un entretien avec un écrivain, est doué dans son principe même d’un caractère curieusement bâtard : ni tout à fait parlé ni tout à fait écrit, le dialogue théoriquement oral mais destiné à tomber sous les yeux de lecteurs se matérialise en un texte imprimé qui, soi-disant transcription, reste étranger à l’écriture authentique (lieu où la présence de l’auteur se fait la plus sensible bien qu’il se tienne en coulisse) et, vu sa genèse, ne peut être que parole plus ou moins faussée ...suite          


1999

John Christoforou / André Parinaud

«La vie est un miracle, mais c’est aussi un spectacle terrifiant»
(Paru dans Transversales, numéro 56, mars-avril 1999)

 

A quoi sert l’art si ce n’est à réaliser un objet vendable ? Le peintre John Christoforou trace un tableau très sombre de notre société, dominée par la logique marchande qui corrode toutes les valeurs. A travers son œuvre, il dévoile la tragédie du monde moderne et lance un avertissement...suite

Période 2000/2004

Agam Alechinsky Arickx Arman Botero Bretecher  Buren Kijno Mathieu Matta Soto Marina Picasso Pollack Prigogine Ribes Télémaque
Venet Vierny Zao Wou-Ki

2000

Yaagov Agam / André Parinaud



« Mettre les humains face à l’unique à travers la 4ème dimension »
(Paru dans Transversales, n°66, Décembre 2000)

Considéré comme le père de l’art cinétique, Agam vient de recevoir le Prix Comenius de l’UNESCO décerné pour l’invention pédagogique la plus novatrice. C’est l’occasion d’interroger le porte-drapeau de la quatrième dimension et de « l’art en mouvement ».
« Nous sommes devenus des illettrés visuels », dit Agam, « l’hémisphère droit de notre cerveau est coupé ! »...suite

2000

Zao Wou-Ki / André Parinaud

«Je peins la lumière, l’espace, le vide, le silence, le souffle du vent»
(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 16, Décembre 2000)



« La Chine, gloire des Empereurs »  rétrospective de Zao Wou-Ki au Musée du Petit Palais . Etonnant paradoxe que l’un des artistes chinois, parmi les plus modernes, proclame la célébration impériale,  avec, notamment, une toile de 2 m de haut et de 7,5 m de long..suite


2000

Lydie Arickx /André Parinaud

«La vie n’aurait aucun intérêt si nous ne devions pas mourir»
(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 16, Décembre 2000)

« Depuis près de vingt ans, Lydie Arickx traque par le seul biais d’une peinture en état d’urgence la métamorphose des corps. Expressionniste à ses débuts, sous l’influence de Schiele et des Viennois et dans la mouvance du néo-fauvisme des années 80, elle a pris aujourd’hui ses distances par rapport aux modèles de sa jeunesse. Dans la maturité d’une quarantaine épanouie, elle affirme désormais une esthétique du corps en morceaux et du paysage en furie qui n’appartient plus qu’à elle » écrit Emmanuel Daydé dans l’ouvrage «Les Racines du Chaos» qui est consacré à sa démarche... suite

2001

Dina Vierny/ André Parinaud

«Mademoiselle, on me dit que vous ressemblez à un Maillol
et à un Renoir, je me contenterai d’un Renoir».
(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 18, février 2001)


Poursuivant notre dialogue avec les grands artistes de l’actualité et leurs musées, nous interrogeons Dina Vierny, fondatrice du Musée Aristide Maillol, dont elle fut le célèbre modèle, et n’a cessé d’illustrer la démarche du sculpteur, maître de l’art du XXe siècle ...suite


2001

Bernar Venet / André Parinaud


«Je rêve d’une étape colossale :
Ramenez le monde à une seule formule »

(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 19, mars 2001)

 

Entretien


2001

Hervé Télémaque / André Parinaud


«Il faut sauvegarder son plaisir
à trouver et à communiquer»

(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 22,  juin 2001)

Hervé TÉLÉMAQUE expose à la Galerie Louis Carré (10 avenue de Messine, 75008 Paris – Tél. : 01 45 62 57 07) jusqu’au 13 juillet, sur le thème «Trottoirs d’Afrique».

 « Très jeune, j’ai beaucoup lu de la poésie, à Haïti : les classiques, Baudelaire, Rimbaud, Saint John Perse ; les surréalistes, la poésie d’André Breton que je préfère à ses textes en prose. C’est un grand poète dont on ne parle pas assez. Dès que quelque chose relève de la métaphore, je suis concerné - toujours en éveil. »……    suite
                                                                                                                                                                                        


2001

Daniel Buren / André Parinaud


« J’ai quitté l’École des Beaux-Arts
à peine quinze jours après y avoir été admis. »


(Paru dans Aujourd’hui Poème n° 23, juillet 2001)

Entretien


 

Pierre Alechinsky/ André Parinaud

«Peindre : une partie de plaisir»
(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 20, avril 2001)

Pierre Alechinsky (né à Bruxelles en 1927) expose Galerie Lelong (13 rue de Téhéran, 75008 Paris du 29 mars au 17 mai). Il est l’un des maîtres du groupe COBRA avec le Danois Asger Jorn, le Néerlandais Appel, Constant, Corneille, les Belges Christian Dotremont et Joseph Noiret (fondé le 8 novembre 1948 à Paris. Le nom de COBRA est né du rapprochement des trois capitales COpenhague, BRuxelles et Amsterdam), inspiré d’un surréalisme révolutionnaire, rejetant tout académisme, mais refusant le surréalisme intellectualiste comme le puritanisme dans l’abstraction géométrique – tout excès théorique pour «plus de liberté». Le mouvement dura trois ans (1948-1951) et l’équipe essaima sur tous les continents. Les poètes comme Dotremont se mirent à peindre, les peintres comme Corneille à écrire, et les musiciens comme Calonne à dessiner. Une belle aventure... suite


2002

Marina Picasso / André Parinaud

« Un génie ne fait pas de quartier. Il en va de sa gloire. »
(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 26, février 2002)
Grand-père, c'est l'histoire de Picasso, le plus grand génie du siècle vu à travers les yeux d'une enfant, Marina, sa petite-fille. En 1973, à la mort du peintre, elle a vingt-deux ans. Pendant trente ans elle se tait. Il lui aura fallu toutes ces années pour mettre des mots sur sa souffrance, pour caresser avec une émotion infinie et pleine de pudeur cette cicatrice. De la manière la plus intime, la plus terrible, Marina Picasso écrit jusqu'au-delà de la douleur, là où se trouve aujourd'hui sa liberté : ses enfants et ceux du bout du monde.

entretien

2002

 Ladislas Kijno / André Parinaud

«J’aurais aimé froisser Guernica»
(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 28, février 2002)

Posant les riches problèmes des relations poésie-peinture, Lad Kijno organise une exposition sur le thème «Les poètes du surréel», en présentant 70 toiles froissées «Variations psychanalytiques sur Tristan Tzara», 5 peintures sur Brocéliande  d’Aragon – dont on célèbre le 20e anniversaire de sa disparition - 14 peintures sur Le parti pris des choses de Francis Ponge, 7 peintures sur des poèmes de Salah Stétié, 2 œuvres monumentales sur Le Sacre du Printemps de Stravinsky, Le Château de Cène de Bernard Noël, une stèle en hommage à Arthur Rimbaud et la Commune, une toile en hommage à Yvan Goll, des éditions originales rehaussées de papiers froissés sur des poèmes de Geneviève Raphanel, André Rochedy, Charles Dobzynski, André Verdet, Henri Kréa, Nikos Kazantzakis, René de Solier. Galerie de l’Espace 1789 à Saint-Ouen...suite

2002

Jean-Michel Ribes / André Parinaud


33 pièces annoncées
"avec des gens curieux, épatants, inventifs, réjouissants, qui composent des spectacles
"

(Paru dans Aujourd’hui Poème n° 32, octobre 2002)

entretien


2002

Georges Mathieu / André Parinaud


Pour une révolution du Sens

(Paru dans Aujourd’hui Poème n° 32, octobre 2002)

« Tant qu’il n’y aura pas un retournement total des finalités de nos activités, tant que nos gouvernants s’obstineront à considérer l’expansion économique comme un objectif suprême au lieu d’accorder le souci primordial de leurs préoccupations à la dimension esthétique de nos vies, il n’y aura pas de vraie civilisation. » …  suite
                                                                                                                           


2002

Ilya Prigogine / André Parinaud

« Reconnaître que la création du monde est la création de la liberté  »
(Paru dans Aujourd’hui Poème, Octobre 2002)


Ilya Prigogine, chimiste, physicien et philosophe, Prix Nobel de Chimie en 1977, était titulaire de trente-sept doctorats honoris causa. Il m'avait accordé un entretien quelques mois avant son décès, après m'avoir donné son accord de principe pour participer à notre grand projet d'un Conseil Scientifique Prospectif de notre Futur.
D'origine russe, ce scientifique belge était connu pour avoir réintroduit la dimension du Temps en physique, ce qui constitue une révolution dans la pensée scientifique contemporaine...suite

2002

Jean Pollak / André Parinaud

« La vie d’un galeriste-amateur qui célèbre
 le cinquantenaire de la Galerie Ariel »

(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 35, novembre 2002)

Jean Pollak célèbre les 50 ans de la Galerie Ariel (140 Bd Haussmann, Paris 8e) avec une exposition simultanée Galerie Ariel, Galerie Louis Carré (10 avenue de Messine, Paris 8e) et Galerie de Messine – Thomas Le Guillou (1 avenue de Messine), affirmant l’esprit fraternel entre ces Galeries. D’origine autrichienne, né en 1924, d’un père antiquaire, Jean Pollak fut étudiant à l’Institut d’Art et d’Archéologie, et découvrit l’art moderne à la Libération. Les dessins de Kandinsky constituent ses premières acquisitions, puis Hartung, Gleizes et Metzinger. Il ouvre sa Galerie le 15 septembre 1952...suite

2003

Roberto Matta / André Parinaud

Le peintre doit «des-monstrer»
 (Paru dans Aujourd’hui Poème n° 36, décembre 2002
et n° 37, janvier 2003)


Roberto Matta, Chilien (1911-2002), un des plus grands artistes modernes, vedette du Surréalisme, vient de nous quitter. Sa démarche poétique et philosophique comme sa peinture sont des caractères essentiels de l’évolution culturelle du XXe siècle.
Dans le cadre des «Entretiens» avec André Breton sur l’Histoire du Surréalisme (Gallimard), et en tant que Directeur de l’hebdomadaire Arts-Spectacles et de la Revue Galerie des Arts, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de rencontrer Matta. Un de mes entretiens est plus que jamais d’actualité sur l’histoire de l’art moderne par l’un de ses grands inventeurs.
Quels sont les motifs qui inspirent les créateurs de l’art d’aujourd’hui ? Les valeurs qui les commandent ? Leur technique et leur méthode ? Leur philosophie ? Les étapes de leurs œuvres ?...suite


2004

Fernando Botero / André Parinaud

«  Toute violence est contraire à l’idée même de civilisation. »
(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 49, mars 2004)

L’exposition de la Fondation Dina Vierny-Musée Maillol (jusqu’au 15 mars) de Fernando Botero célèbre l’originalité d’un style et il dit : “Je pense que si une personne voit un tableau de moi, elle se dit : “c’est un Botero”. Il y a une façon d’établir une cohérence qu’on peut retrouver dans chacune de mes toiles. Alberto Giacometti est tout mon contraire. Pourtant, j’adore mon travail parce que ma démarche est vraie. Un artiste doit être cohérent et exigeant avec lui-même.” suite

2004

Claire Bretécher / André Parinaud 

« Je ne pourrais pas peindre même si je suis née pour dessiner »
(Paru dans Aujourd’hui Poème, n° 52, Juin 2004)


Claire Bretécher vient de publier Portraits sentimentaux (Éd. de la Martinière). L’auteur est une grande figure de la bande dessinée humoristique. Cet ouvrage présente, pour la première fois, 70 des portraits peints par Claire Bretécher sur une centaine réalisés dans les vingt dernières années. Le plus souvent, elle réalise ses portraits d’après des photographies qu’elle prend elle-même de ses proches (10 photos d’adulte, une dizaine d’adolescents et 45 d’enfants) et parfois ce sont des autoportraits devant le miroir. Les techniques utilisées sont aussi diverses : peintures acryliques sur toile ou sur carton, pastels secs sur papier ou sur carton, aquarelle sur papier, feutre ou crayon de couleur. Cet ouvrage est un trait d’union entre deux mondes, imaginaire et réel, qui se rejoignent et qui révèlent tout le talent, la créativité et la personnalité d’une artiste... suite

 


2004

 Ladislas Kijno/André Parinaud

   "Pour un futur plus artistique"
 (Paru dans Artension, numéro 17, mai-juin 2004)

La plupart des gens surfent à la surface des vagues autour de la partie émergée de cet iceberg tabulaire… Les artistes, eux, les peintres en ce qui me concerne, plongent en apnée sans aucune protection, le long des parois de la partie cachée de l'effrayant bloc de glace, vers ces « Assises du Monde » dont parle Cézanne, jusqu'aux plus près du noyau central de cette fameuse vérité.

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