Ilya Prigogine / André Parinaud
« Reconnaître que la création du monde est la création de la liberté  »
(Paru dans Aujourd’hui Poème, Octobre 2002)


Ilya Prigogine, chimiste, physicien et philosophe, Prix Nobel de Chimie en 1977, était titulaire de trente-sept doctorats honoris causa. Il m'avait accordé un entretien quelques mois avant son décès, après m'avoir donné son accord de principe pour participer à notre grand projet d'un Conseil Scientifique Prospectif de notre Futur.
D'origine russe, ce scientifique belge était connu pour avoir réintroduit la dimension du Temps en physique, ce qui constitue une révolution dans la pensée scientifique contemporaine. On sait que, pour Newton, les lois de la nature sont fixées à jamais, alors que, pour Einstein, le Temps est une illusion et seules les limites de notre connaissance nous empêchent de voir le futur avec certitude. Prigogine récu­se cette vision des choses qui conduit, à son avis, tout droit à l'absurde: « Le déterminisme ne saurait s'arrêter à la porte de notre cerveau, sinon on doit entrevoir l' être humain comme extérieur à la nature. » Sa solution réside dans ce qu'il appelle « la Flèche du Temps » : « Le Temps joue un rôle de construction du Réel qui n'est qu'une possibilité parmi d'autres. S'il y a des objets organisés et d'autres qui ne le sont pas, c'est l'effet du Temps. » Il lui apparaît donc impensable que le Temps soit une création de l'esprit: « Nous sommes plutôt les enfants du Temps. L'homme est un possible qui a été réalisé. Le Temps précède l'existence. Si l'univers a eu un début, le Temps n'en a pas eu. » Il a contribué à élaborer les lois du chaos selon lesquelles il est impossible de prévoir l'évolution d'un système complexe ou instable parce que les conditions initiales sont infinies et les possibilités d'évolution également. L'univers est doté d'un potentiel d'auto-organisation qui peut s'exprimer différemment avec le Temps : « L'incertitude n est pas due à notre ignorance. » « La certitude est associée à l'image de Dieu. Dieu ne doute pas. Il comprend tout. Il n'a pas de début et connaît l'avenir » « Nous pouvons rationaliser le hasard, dit-il, et les racines de la probabilité sont dans la nature. » Sa vision de l'incertitude et de l'auto-construction accorde une place à la créativité comme moyen de participer à l'organisation de la vie. La fin des certitudes en science amène aussi la fin des certitudes en politique et en sociologie.

André Parinaud (A.P.) : Les trois événements les plus importants du xxe siècle sont, sans aucun doute, la découverte de la Relativité et de l Espace et du monde Nucléaire avec Einstein; l'existence du Temps comme « dimension existentielle irréversible » avec Ilya Prigogine, et, troisième phénomène, le fait qu'au xxe siècle, en cinquante ans, du fait des conditions d'hygiène, de confort, de sécurité et de communication, les êtres humains ont gagné vingt-cinq ans de vie supplémentaire, mais nous devons constater que plus des deux tiers des citoyens ignorent comment ils peuvent tirer parti de cet avantage, de cet acquis, et apprendre à vivre les valeurs du Progrès, c'est-à-dire un nouveau style de vie. Cet ensemble de phénomènes et ses conséquences n'ont pas d'équivalent dans toute l'histoire de l'humanité! Il convenait de tirer la leçon importante de cette situation qui est un Phénomène de Civilisation magistral et devrait inspirer les programmes de tous les Pouvoirs et qui va nécessairement devenir une revendication majeure des populations, dès quelles auront pris conscience des « nouvelles vérités ».
Nous ne pouvons plus « concevoir la Politique » en nous inspirant de théories, aussi généreuses soient-elles, mais en nous basant positivement sur les conséquences des découvertes scientifiques, des recherches et des méthodes que vous avez formidablement illustrées. Vous êtes aujourd'hui le survivant de cette étonnante génération scientifique et je souhaiterais persuader Monsieur le Président de la République, Jacques Chirac, qu'il convient de créer un Conseil Scientifique Prospectif de notre Futur pour réfléchir sur les événements les plus importants qui s annoncent dans les domaines de l'économie, du social - de la retraite et de la sécurité sociale -, de la pédagogie, de l environnement, de la psychologie publique. Ces éléments devraient inspirer toutes les lignes de réflexion politique. Je rassemble actuellement un dossier qui permettrait de créer ce Conseil Prospectif et d'envisager de passer aux actes.
Il existait six milliards d'humains quand vous avez découvert les valeurs de la Temporalité - un milliard quand Einstein a mis au point la théorie de la Relativité. Vous avez répondu à un appel prodigieux, l'un et l'autre. Nous serons bientôt huit milliards d'individus qui auront gagné vingt-cinq ans de vie mais qui ne savent toujours pas, dans leur majorité, comment vivre de la façon la plus moderne, et qui continuent à exister avec une mentalité et une méthode d'un style de vie dépassé, alors qu'il conviendrait, dès l École, d'enregistrer aujourd'hui même cette évolution à une autre ouverture au monde, à une autre temporalité qui correspondrait aux réalités de notre société. J'ai résumé ma conviction, et vous écoute avec respect et amitié.

Ilya Prigogine (I.P.) : La grande découverte, et peut-être la plus inattendue du xxe siècle, est, à mon avis, la génétique qui devient un art avec la mise à jour de l'origine du monde, devenu notre Univers avec le Big-Bang. Ce sont deux faits historiques inattendus et il faut souligner que l'ensemble des recherches scientifiques a changé nos idées sur la sociologie, l'économie et dans tous les domaines. Ainsi, on sait que l'économie est évolutive, que la théorie de l'équilibre rationnel de l'économie est fausse, que l'histoire est hautement non linéaire, avec des bifurcations et forcément peu de responsables pour opérer les bifurcations. Par exemple, après la chute du Mur de Berlin, les États­Unis allaient-ils aborder une « politique de paix » ou, au contraire, devenir une super puissance omniprésente? Ce sont quelques sénateurs républicains qui ont pris la décision.
À Bruxelles, ville des Commissions européennes, on envisage de créer un Centre européen de Recherche. Mon propre Centre, l'Institut Solvay, est modeste, mais il pourrait établir une collaboration directe avec la France.

A. P.: À mes yeux, le point important est que vous ayez mis en évidence dans vos recherches, et surtout avec les résultats de vos travaux, le fait que la notion de Temps est liée à la puissance de création.

I.P. : Le Temps était dans la physique classique lié au mouvement, très simple - la pendule, le mouvement planétaire... - et mathé­matiquement correspondait à ce qu'on peut appeler des systèmes intégrables dans lesquels on obtient des objets indépendants. Ce que j'ai fait ces dernières années est un peu l'achèvement, comme le pensait Poincaré par les mathématiques, des systèmes qui ne sont pas intégrables. J'ai cherché à dégager que, dans les systèmes non intégrables, la symétrie du Temps est rompue. Le futur devient différent du passé. Le problème déterministe disparaît. On ne peut prévoir que des pro­babilités et qui ne proviennent pas de notre ignorance mais de la complexité des phénomènes naturels. Donc, le monde est complexe, probabiliste et orienté dans le Temps. Ce sont bien les caractéristiques que nous voyons autour de nous. Ainsi on ne peut pas croire que les millions d'espèces d'insectes qui existent ont été créés à un moment donné dans le passé ; donc ils évoluent sans cesse. Le monde est en création et cette caractéristique est aussi humaine par cet exemple de la création dans la Nature. Tous les ans, les chimistes préparent dix mille nouvelles molécules, mais mille ont été produites déjà par la na­ture. On sait préparer la cortisone, très important médicament, mais nous savons aussi que la cortisone est normalement produite par le cerveau.

A.P.: Vous placez la création au centre du phénomène humain. Et, dans le domaine politique, la création devient socialement positive si nous savons l'instituer On ne peut pas continuer à s'inspirer au gré des événements et fabri­quer un monde absolument théorique, alors qu'il devrait être fondamentalement créateur. L'idée que scientifiquement on peut rassembler les données de haute complexité, capables d'inspirer des forces et de proposer une réelle stratégie, va devenir une exigence impérieuse pour éviter le chaos.

I.P. : Comment voyez-vous le système?

A.P.: On devrait rassembler une demi-douzaine de grands chercheurs dans divers domaines - économie, sociologie, sciences physiques... - dont la ligne de force serait la pensée complexe de la nouvelle civilisation en gestation que vous avez inspirée. Et, à partir de l'esprit créateur tel que vous le distinguez, on défi­nirait le programme des thèmes essentiels de recherche et on rassemblerait des techniciens pour clarifier et cerner les problèmes. L'essentiel serait l'affirmation
de l'intention clairement fixée.

I.P. : La France a toujours fait des efforts remarquables dans le domaine de la recherche. J'ai longtemps été Conseiller de la Commission de Recherche scientifique européenne et j'étais en rap­port avec les scientifiques français éminents tels Francis Perrin que j'ai bien connu. Je suis survivant de cette période. Au fond, il est vrai que vous avez en France de remarquables spécialistes dans toutes les disci­plines de ce programme prospectif. Il faudrait un projet très précis de
recherche.

A.P.: Ce serait l objectif du Conseil Prospectif Scientifique. Votre théorie du Temps autorise tous les espoirs.

I.P. : L'évidence est que le Temps est une dimension existentielle et que, depuis le thermodynamisme, nous avons une idée évolutive de l'Univers, ce qu'ignorent les lois fondamentales. Einstein croyait que le Temps est illusion, mais alors rien n'était plus vrai en physique. Mon oeuvre réhabilite la Flèche du Temps. C'est la thermodynamique du
non-équilibi c qui conduit mes recherches jusqui'aux structures (lissipa­tives et à l'auto-organisation dont l'inslabifiléest le point essentiel.

A.P, : Vous dites instabilité et, cependant, la musique est un de vos exemples fameux, et c'est une discipline stable.

I.P. :La notion de créativité est essentielle, non seulement pour les mathématiques, les sciences, mais les arts et, bien entendu, la littérature. L'oeuvre de Bach, qui obéit à des principes formels, est riche de surprises construites en alternant ce qu'on peut appeler les règles de Bach - (les descriptions déterministes - des bifurcations probabilistes. Des nouveautés ! Je rappellerai que Paul Valéry disait: <, Mon esprit cherche à bâtir quelque chose qui lui résiste. » Apparent paradoxe : Einstein croyait au déterminisme, à celui de l'univers, mais aussi à l'imagination. Or nous ne sommes pas « hors » de l'univers ! Dualisme théoriquement impossible. Il s'agit d'un « mystère », comme le proclament des peintres comme Magritte. Einstein, lui, décide l'analyse qui deviendra une remarquable construction intellectuelle par sa puissance géométrique.

I.P. : Dans << La Nouvelle Alliance » - gui parut eu 1979, à deux voix, avec votre collaboratrice Isabelle Stengers -, vous avez préparé une formulation des lois de la nature qui rompt avec les valeurs théoologiques (pourDieu, il n'y a ni passé ni présent ,ni futur) et vous exprimez les probabilltés.
.

I.P. : Il a fallu des années pour traduire mathématiquement une extension de la dynamique classique et quantique et incorporer l'irréversibilité et les probabilités dans les lois. Ma conclusion a été qu'il fallait repenser la physique classique et quantique. Repenser Newton, repenser Schrödinger, repenser Einstein - qui voulaient un univers statique... une espèce de bulle suspendue dans le néant.

A.P.: Vous en venez à cette conclusion que l'incertitude est inhérente au comportement humain .

I.P. : J'ajouterai, à l'échelle humaine, que toute prise de décision implique nécessairement la référence à la mémoire, au passé, comme à la capacité d'anticipation de l'avenir avec l'esprit créateur. La temporalité, aujourd'hui, exige la prise de conscience de la complexité, de l'instabilité et de rompre avec les concepts d'équilibre stable. La nouvelle description de l'univers qui s'établit avec les sciences modernes accroît sans cesse notre intervention et nous sommes invités à prolonger cette quête chaque jour. L'évialuition est liée à des fluctuations imprévisibles.

A.P.: Pensez-vous que les sciences et la recherche qui vont désormais inspirer toute notre vie sociale peuvent faire naître un nouvel Humanisme ? Je veux dire, le concept certes complexe dune société, d'une civilisation planétaire, à la quête d'une autre identité citoyenne.

I.P. : Ce pourrait être le voeu philosophique du nouveau millénaire. Reconnaître que la création du monde est la création de la liberté.

A.P.: Pour la première fois, la Planète Terre va entrer dans une ère de civilisation avec douze milliards d'individus dont l'esprit créateur sera la base. C est en effet un événement de dimension cosmique.

I.P. : Vous avez un merveilleux optimisme si l'on considère la situation politique mondiale actuelle.

A.P.: L'homme changera. On ne peut anéantir une humanité de douze milliards d'individus! Par contre, nous allons opérer des métamorphoses intimes que vous annoncez avec toutes vos recherches et qui aboutiront justement à la naissance d'un autre humanisme.

I.P. : Je suis un grand ami de Federico Mayor qui a été Directeur Général de l'UNESCO, et qui dit toujours que le grand problème est d'évoluer d'une « culture de guerre » à une « culture de paix ». J'ai beaucoup d'admiration pour Federico Mayor et souhaiterais le présenter pour le Prix Nobel de la Paix.

A.P.: Nous vivons une étonnante époque. Nous entrons donc dans un autre millénaire où rien ne sera plus vrai de tous nos codes. Nous sommes dans l'obligation éthique de tout remettre en cause. Il appartient à ce qu'on appelle les élites de faire naître une nouvelle lucidité, une nouvelle volonté de vivre.

I.P. : D'une certaine manière, j'ai « mis en route » du point de vue scientifique les intuitions du type de celles d'un Bergson disant: « Le temps est invention ou rien ». C'est cela la créativité. Mais il pensait aussi que le monde est « mécanique ». Hors du monde déterministe, il existe une autre dimension qui est l'intuition et qui correspond à une créativité. Nous ne pouvons pas décrire le monde de deux manières - noir et blanc. Il fallait trouver le lien.

A.P.: Vous avez trouvé! Et vous avez même évoqué Dieu - en le citant - abordant le problème en philosophe et en considérant que sa sagesse est inconciliable avec l'instabilité. Leibniz trouvait inconcevable de penser que Dieu devait « réparer » son univers. Ce qui aurait signifié que Dieu aurait commis des erreurs dans la création. Pour Leibniz, l'univers était le meilleur possible. Dans « La Nouvelle Alliance », vous avez conclu la controverse Newton-Leibniz par la probabilité du Temps et René Thom a été scandalisé par la mise en question du déterminisme qui a consacré votre thèse. Vous avez surmonté tous les handicaps.

I.P. : Beaucoup de philosophes m'écrivent. Pour les scientifiques, la première partie de mes travaux a été accueillie avec un énorme intérêt et ils sont devenus classiques. Mais la seconde partie, la nouvelle physique qui inclut la créativité, était tellement neuve que les convictions restent à établir.

A.P.: je veux simplement souligner que le point de départ dune nouvelle société, dune nouvelle civilisation - comme il n y en a jamais eu à la dimension planétaire - va prendre son essor. La quasi-totalité des sociétés historiques sont d'origine mystique ou ont été créées par des chefs de guerre ou des catégories de citoyens qui voulaient dominer les populations. Vous avez élaboré un « idéal scientifique » avec la solution éthique de la créativité. Vous avez placé l'imaginaire humain et la curiosité à l'origine de l'esprit créateur, incarnant l'esprit de recherche et la liberté.
Selon vous, comment expliquez-vous le choix mathématique d Einstein et l'intuition de sa théorie de la Relativité au début du xx' siècle ?

I.P. : Pour la théorie de la Relativité, il fallait une logique mathématique qui provient de l'histoire des mathématiques même et à laquelle peu de chercheurs ont contribué. Deuxièmement, la Relativité introduit quatre dimensions dont « l'idée » a précédé la Relativité. Il y a de nombreux poètes, des dessinateurs, des philosophes qui parlaient des quatre dimensions, bien avant Einstein, mais de dimensions intemporelles, qui n'avaient aucune relation avec la dimension temporelle du grand mathématicien. C'était une sorte de mouvement poétique. La réalisation d'un rêve. Une quatrième dimension s'ajoutant aux trois dimensions que nous connaissions.

A.P.: Cette multiplicité d'êtres humains qui, par leurs échanges divers, a créé une complexité de la pensée avec la « quatrième dimension », n'ont-ils pas provoqué un appel, je dirais, cosmique, et qui correspond d'ailleurs à l existence, pour la première fois, d'un milliard d'êtres humains sur la Terre ?

I.P. : En Europe, en France, et même en Amérique, bien des esprits ont rêvé de quatre dimensions avant Einstein. C'était « une idée dans l'air ». Nous voyons des cactus qui arrivent à fleurir dans la neige, en Amérique par exemple. J'ai toujours soutenu que ces changements sont des réactions chimiques. Il y a des points de bifurcation qui peuvent changer à cause de petites transformations extérieures. Il y a deux travaux scientifiques récents, qui me citent d'ailleurs, et montrent que, par exemple, la croissance des cellules, des organismes dans l'espace est différente de ce qui se passe sur Terre. Ces différences peuvent s'ad­mettre par une réaction chimique suite à des points de bifurcation. Un autre travail qui vient de paraître montre qu'un site métabolique est altéré d'une manière discontinue quand on change ses conditions - l'influence de l'extérieur sur l'intérieur non-linéaire.

A.P.: La quête continue, mais demeure la certitude que va constituer le neuf dans le domaine de la recherche.
Je me permettrais de marquer mon étonnement en soulignant la coïncidence, au moment où nous échangeons informations et idées pour tenter de faire évoluer ce qu'on peut appeler les valeurs du Progrès dans le monde: vient de paraître en pleine actualité, avec le fracas impétueux des princes du show-biz du cinéma, le film de Steven Spielberg, film d'anticipation plutôt que de science-fiction, qui se situe en 2005 et veut nous interroger sur l'avenir de la vie privée face au progrès social. Quelle liberté reste à l'homme ? Il tente d'introduire une nouvelle culpabilité dans le mental humain et nous sommes placés face à un déterminisme de l'individu qui retrouve les prophéties de « big-brother » de George Orwell, en faisant semblant d'ignorer que la nouvelle vérité est que nous disposons désormais dune nouvelle liberté qu'il s agit d'apprendre à vivre.


Pour mieux connaître la pensée d'Ilya Prigogine, on peut lire ses plus récentes publications: La Fin des certitudes (Éditions Odile Jacob, 1996) et Les Lois du chaos (Flammarion, 1974).
Ses propos constituent les bases de ce que doit être le « code existentiel » du Civilisé planétaire qui s'annonce - les nouvelles probabilités avec une formu­lation des lois de la nature qui rompt avec les valeurs théologiques et met en
évidence la capacité d'anticipation de l'esprit créateur qui nous conduit.