Le comité de rédaction d’Arts.

Assis en bas de gauche à droite :
André Parinaud, Roger Boussinot, Jean Le Marchand, Michel Ragon, Yvan Christ, debouts : Pierre Marcabru, J.L. Bory, Jacques Boussac, Jacques Chantarel, Pierre Cabanne, Meyer, J.J. Levêque, Michèle Seurière, Daniel Bernet, Raymond Charmet, Jacques Bourgeois, Mathieu Galey.

ARTS 1952-1966
La Culture de la provocation (Editions Tallandier)

On retrouvera dans cet ouvrage édité en 2009 une vaste sélection des articles
parus dans l’hebdomadaire ARTS entre 1952-1966.


« J'avais rêvé d'un numéro de Arts où un boxeur eût rendu compte de la dernière pièce de Samuel Beckett, Daniel Rops, des Six Jours Jouhandeau, du baptême de Caroline Kelly.»
Cette déclaration de Jacques Laurent précise clairement son projet :  loin d'un journal de journalistes Arts devra raconter l'actualité culturelle, le cinéma, le théâtre, les livres, la musique, les faits divers, d'une façon unique. Bien avant les news et les people, les journaux d'aujourd'hui, Arts est,  dans les années 1950, un hebdomadaire pas comme les autres.
Un peu avant, en 1945, on assiste, en France, à une expansion irrésistible de nouveaux journaux. La parution d'un magazine ayant comme sous-titre «  Beaux-arts, littérature, spectacles » n'est pas un événement. Son directeur est Georges Wildenstein, il a dirigé Beaux-arts de 1924 à 1940. Il est propriétaire de galeries (Paris, Londres, New York) et le magazine, un peu poussiéreux dès sa naissance, lui sert de publicité, annonce les expos. Art s'intéresse à l'avenir des monuments historiques, évoque le renouveau architectural de l'Élysée. Parfois, un article surprend, comme « A Medrano, Buster Keaton sur la piste », le rédacteur annonçant la présence sur les gradins de Chico Marx, Wallace Berry et… Bourvil ! André Parinaud, journaliste, va assumer tous les rôles à la rédaction du journal pendant plus de 20 ans il finira par le diriger, jusqu'à son arrêt, un peu avant 1968. …..…. L’objectif de Laurent est clair : faire de cet hebdomadaire guillemet une feuille d'humeur et de parti pris 10 mai. Pas de ligne officielle : deux collaborateurs peuvent avoir une opinion divergente et l'exprimer. Il est le ronronnement la fausse objectivité et à horreur des publications austères étriquées.  Nimier écrit dans Arts depuis 1953, même si avec Laurent, ainsi que le raconte Christian Milllau, « tout les rapprochait, sauf la sympathie ». Jacques Laurent passe à autre chose et Roger Nimier se lasse en 1961, c’est André Parinaud, rédacteur en chef, qui reprend la main avec de nouvelles rubriques tenues par Matthieu Galey et Jean d’Ormesson.Les articles choisis dans cet ouvrage par Henri Blondet, paru en 2009, l’ont été en toute objectivité, ils veulent simplement essayer de rendre compte de la variété et de l’originalité des collaborateurs d’Arts. D’Audiberti à Vian, ces journalistes pas comme les autres ont rendu compte avec bonheur, humour et dérision d’une vie culturelle et  politique et convaincu, au fil des ans, dans les meilleurs moments, jusqu’à 70 000 lecteurs chaque semaine, en décryptant l’actualité avec un œil acéré et sans se soucier (comme trop souvent aujourd’hui, de peur que le lecteur ne s’échappe) de la longueur des articles.

Note : Contrairement à ce qu’écrit Henri Blondet dans sa préface. Jacques Laurent n’acheta jamais ARTS, dont Georges Wildenstein resta le propriétaire jusqu’à ce qu’il se retire en 1965 avec ces termes téléphoniques à André Parinaud, « Posez les porte-plume, je paie et me retire ! ». Le détail  de cette période sera relaté  ultérieurement.